Marc Newson, LA star du design

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Guy Savoy : « Tout va bien sur la planète Gastronomie »

Portrait Guy Savoy ©Laurence MOUTON

On ne mange pas chez Guy Savoy. On vit une expérience du luxe gastronomique dans son expression la plus abouti !

Le cadre d’abord. Avec la complicité de son ami l’architecte Jean-Michel Wilmotte, il a aménagé un élégant appartement de 6 salons aux chaleureux tons gris ardoise au sein de l’Hôtel de la Monnaie, au cœur de Paris. La vue est bluffante : la Seine, le Louvre, le Pont-Neuf, l’ile de la Cité, le pont des Arts. Avec ces grandes fenêtres, la lumière est généreuse mais, le soleil se levant et se couchant dans l’axe du fleuve, n’éblouit jamais. Les tableaux, issus de la collection personnelle de François Pinault, achève de vous entraîner dans un monde de beauté et d’émotions.

La table ensuite. 3 Etoiles Michelin et 5 Toques Gault Millau ont fait de Guy Savoy une star de la gastronomie française. Hier rue de Troyon, aujourd’hui A la Monnaie de Paris, sa cuisine ne se décrit pas, elle se vit. Que dire de sa célèbre Soupe d’artichaut à la truffe noire et brioche feuilletée aux champignons et truffes ? De ses incroyables huîtres en nage glacée ? Du caviar, l’œuf en sabayon fumé ? De la Selle et carré d’agneau « terre et mer », épaule confite, côtes et feuilles de bettes ? Du dessert autour de la Rhubarbe ? On affirmera qu’il faut courir s’offrir quelques heures de bonheur (quitte à sacrifier son budget automobile comme il le raconte !) chez le plus Suisse des chefs français. Guy Savoy a en effet la double nationalité franco-suisse. Son père était suisse et le jeune Guy a fait ses premières armes au Lion d’Or à Cologny sur les hauts de Genève et du lac Léman.

La convivialité enfin. Elevé dans le rugby, ce chef est pétri d’esprit d’équipe et d’humanité. Guy Savoy est un aubergiste dans l’âme, soucieux du bien-être de ses convives. Rencontre avec un tenant de l’art du repas à la française.

 

Diner chez Guy Savoy à la Monnaie de Paris est-il un luxe ?

Pour moi, le luxe c’est l’espace et le temps. Donc oui, diner ici est un luxe ; vous disposez du temps que vous voulez dans un espace absolument unique. Si vous voulez parler du tarif de ce diner, je dirai que le prix, c’est l’intérêt que l’on porte aux choses. Quand on a de vraies passions, on se donne les moyens de les vivre. Bien sûr, on sait que l’on ne peut pas tout avoir donc on fait des choix. Je connais par exemple une personne qui avec son épouse a supprimé son budget « automobile » pour le transformer en budget « restaurant » parce que la gastronomie est leur passion.

Le luxe ne serait-il pas alors, aujourd’hui, de manger sain et bon ?

C’est une question de démarche personnelle. Pour moi, il y a plus de noblesse dans un chou fraichement cueilli que dans un homard surgelé et il vaut mieux manger un bon saucisson qu’un mauvais foie gras !

Pourtant, à en croire ce qu’on lit et entend, on ne peut plus rien manger !

Il faut raison garder par rapport à ce que les médias disent. Dans les années 60, on s’insurgeait devant l’arrivée des premiers supermarchés. Mon père pestait contre la Golden, cette pomme insipide qui monopolisait les étals, et râlait contre le veau dont la qualité s’était effondrée. Et tout le monde prédisait qu’en l’an 2000 on se nourrirait tous de pilules ! Or, que s’est-il passé ? Exactement le contraire ! On trouve aujourd’hui sur les marchés une multitude de variétés de pommes et des tomates, tellement décriées à une époque, qui poussent en pleine terre. Les rôtis de veau ont bon gout et les poulets de Bresse sont très bien. Regardez dans le vin, comment, en 20 ans, les vins du Languedoc se sont bonifiés. Donc je suis optimiste, car on ne fait pas avaler n’importe quoi au consommateur. Les gens ont boycotté les mauvais produits et les producteurs ont corrigé le tir. Je n’ai donc pas de raison de m’inquiéter que je fasse le marché à Paris ou ailleurs.

La gastronomie française est-elle toujours sur la plus haute marche du podium ? On entend souvent le contraire…

Cela me fait sourire. Ce sont quand même les chefs français que le monde entier vient chercher, des Etas-Unis au Japon en passant par la Chine. Et à chaque fois une ambassade de France qui s’ouvre a l’étranger ! !  La notion de repas à la française existe dorénavant partout et le phénomène gastronomique est mondial. Bien sûr, tous les pays ont pris conscience qu’il existait aussi chez eux une culture gastronomique, peut-être pas aussi vaste et variée qu’en France, mais en travaillant déjà leurs propres produits, ils font bouger les lignes.  Ensuite, un grand nombre de ces cuisiniers sont venus parfaire leur formation chez nous. A Las Vegas, il y avait les casinos, le soleil, les shows, mais les Américains ont compris qu’ils leur manquaient la gastronomie. D’où la multiplication des grands restaurants, souvent français, à la place des buffets à volonté à 4.99 $ ! Au Japon les chefs japonais étoilés font de la cuisine française. Tout va bien sur la planète gastronomie !

Contrairement à ce que certains prédisaient, nous ne nous sommes pas américanisés ?

Quand on voit aux États-Unis toutes les boutiques où sont vendus des produits de qualité, on constate que contrairement au cliché nous ne nous sommes pas américanisés, mais qu’au contraire ce sont eux qui nous imitent. Les petits pois d’Oregon ont exactement le même gout que ceux de chez nous !

Quelle est la place de la cuisine dans la société d’aujourd’hui ? Un refuge réconfortant ?

Oui, le monde est de plus en plus dur, c’est sûr, mais je crois surtout que dans un monde de plus en plus virtuel, tout ce qui touche à la table est concret et marche

Vous aimez dire que le restaurant est le dernier lieu civilisé.

Oui, car il dépasse le cadre de la cuisine. Un restaurant doit être un lieu de gentillesse, de disponibilité et d’art avec des objets personnels et des œuvres. Citez-moi un autre lieu où vous pouvez rester 2, 3, 4 ou, pourquoi pas, 6h et où tout est fait pour votre bien-être ? Ici, vous n’avez plus à bouger, tout est fait dans le moindre détail pour vous servir, pour que vous n’ayez rien d’autre à penser que de vous faire plaisir le temps que vous voulez.

Salon Belles Bacchantes 2 (c) Laurence MOUTON

Vous installer dans ce lieu monumental, la Monnaie de Paris, est le couronnement de votre carrière. Vous n’avez pas eu peur d’échouer, particulièrement quand les travaux ont pris 3 ans et demi de retard ?

Je n’ai jamais pas pensé à cela. Tout ce temps, j’étais guidé par le coup de foudre que j’ai eu en novembre 2009 quand j’ai visité le lieu. La Monnaie était alors une friche industrielle en plein Paris et le Président Christophe Beaux voulait réveiller cette belle endormie. Je me suis décidé en 30 mn. Il fallait que je sois là et j’ai donc répondu à l’appel d’offres. Quand j’ai appris que je l’avais emporté, en mai 2010, j’en ai chialé ! J’étais aussi à un moment où je me demandais comment avancer. Faire de nouveaux travaux rue de Troyon où je suis depuis 28 ans et demi ? Donner une nouvelle orientation à ma carrière ? Et s’est présenté ce lieu qui me permettait d’avancer. Je devais absolument tout créer,tout inventer. Un challenge, il fallait un brin de folie, de l’inconscience. Mais si je ne l’avais pas eu, j’aurai vraiment été très déçu.

Si le cadre a changé, l’esprit de votre cuisine lui est-il resté le même ?

Oui. Je demeure un intégriste du produit et je conserve les mêmes déclinaisons. Quand je fais de l’huitre, c’est de l’huitre à l’huitre ! Quand je fais du Saint-Pierre, le poisson le plus iodé qui soit, j’amplifie encore ça avec des coquillages et je l’appelle Pierre-sur-mer. Quand je fais de l’agneau, je propose différentes pièces cuites de différentes manières pour obtenir l’agneau dans tous ces états . Et ma signature qu’est la soupe d’artichaut est toujours là.

Les gouts de vos convives, comme vous les appelez, ont-ils changés ? Les végétariens, sans gluten,  sans viandes, etc sont de plus en plus nombreux.

Je m’adapte bien sûr aux véritables raisons de santé, mais si une question d’intégrisme alimentaire… Nous avons du pain sans gluten, des légumes, donc ce n’est pas le problème. Après c’est le choix des convives : venir ici faire un repas végétarien c’est passer à côté de beaucoup de choses. Pourquoi se brider ? C’est un peu dommage, car ce qui fait la richesse de la cuisine française c’est sa diversité et supprimer de cette diversité des pans entiers d’aliments c’est comme si je vous disais aimer l’architecture, mais être allergique au cours et que donc il va falloir supprimer les deux cours du Louvre !

« Convivialité », « temps donné », « chaleur humaine » reviennent souvent à votre propos. Vous êtes avant tout un aubergiste ?

Je suis effectivement proche de mes convives, je prends le temps de passer de table en table, de demander si tout va bien, de prendre des nouvelles. C’est ma signature. Un chef a la possibilité de le faire dès qu’il maitrise la technique en cuisine et  j’ai besoin de ce rapport fort avec les convives (certaines mangent chez moi depuis 35 ans, parfois plusieurs fois par semaine), mais aussi avec mes équipes. Tous les vendredis, un membre de l’équipe organise en cuisine un petit déjeuner avec les produits de sa région d’origine. Je mets un budget à sa disposition pour cela. Ça dure 25mn mais c’est un moment fort de l’équipe où l’on échange. Encore une fois, les gens ont besoin de parler. Vous savez, il y a deux choses qui me feraient arrêter demain : un problème de santé ou si je n’avais plus une équipe qui n’adhère plus a mon discours. J’en ai besoin. Il faut qu’on se marre ensemble. C’est l’esprit rugby, un sport où j’ai appris beaucoup plus qu’a l’école.

Et vous, quel est votre luxe personnel ?

Le temps et l’espace, toujours. J’ai un besoin fort de mes deux jours de grands espaces par semaine sinon cela ne va pas. Je me rends dans ma cabane de Villars sur Ollon dans les Alpes vaudoises ou à Sète dont je suis tombé amoureux, une ville ou les poissons, les coquillages et le vin rentrent dans la ville. C’est le sud resté authentique. Je ne peux pas non plus vivre sans art. Quand certains plaisirs ne sont plus accessibles, ils restent les amis et l’art ! Je pratique aussi assidument le kung-fu et le stretching. Ça me met la pêche ! Enfin, prendre tous les matins le métro à l’Étoile, descendre à Palais Royal, traverser les cours du Louvres puis le pont des Arts et arriver au restaurant est un immense plaisir. Je ne vais pas travailler, je suis un touriste à Paris !

Casques de réalité virtuelle : pourquoi faire ?

casque réalité virtuelle oculus riftPrenons le pari : le casque de réalité virtuelle sera LE cadeau de Noël 2016. Les premiers modèles grands publics sont enfin disponibles : l’Oculus Rift de Facebook, le Vive de HTC et le Sony Playstation VR (en octobre prochain). Le joujou reste cher : de 400€ chez Sony à 900€ chez HTC et nécessite d’être relié à un ordinateur, PC ou MAC, puissant et pourvu d’une bonne carte graphique. L’addition peut donc vite grimper, mais le résultat est à couper le souffle ! Vision à 360°, images en 3D, ainsi équipée, l’immersion dans des mondes réels ou virtuels peut commencer ! Pour une approche plus modeste (et plus économique) de la réalité virtuelle), sont déjà disponibles les casques Samsung Gear VR (99€) et Huawei VR (40€), mais ils ne fonctionnent qu’avec les smartphones de chacune des ces marques.

Pour beaucoup, un casque de réalité virtuelle n’est qu’un nouvel accessoire pour les mordus de jeux vidéo. Une nouvelle manière de jouer, non plus scotché devant son écran d’ordinateur, mais directement plongé dans le jeu lui-même grâce au casque fixé devant les yeux. L’environnement réel de l’utilisateur disparait. Il regarde une autre réalité, s’y déplace via les mouvements de sa tête et de son corps, y agit via ceux de ses mains et entend, bien sûr, les sons de cet autre monde. Bientôt, grâce à des capteurs toujours plus nombreux, il pourra également toucher et sentir ce nouvel espace. Un bonheur pour les fans de guerres intergalactiques et autres jeux de plateforme. Facebook promet ainsi une centaine de jeux pour son Oculus Rift d’ici Noël (Lucky’s tale, Valkyrie, etc), HTC une quarantaine pour son Vive (Elite Dangerous, Fantastic Contraption etc). Chez Sony, on mise bien entendu sur l’immense catalogue de sa console Playstation 4 (Gran Turismo Sport, Tekken 7, etc).

Mais si Facebook a racheté pour 2.3 milliards de dollars Oculus VR, le créateur du casque éponyme, ce n’est pas uniquement pour combler de bonheur les gamers. Le cabinet Digi Capital estime le marché de la réalité virtuelle à 150 milliards de dollars en 2020 (5.2 milliards des 2018 pour le seul secteur des jeux). Le casque de réalité virtuelle est en fait beaucoup plus qu’un gadget de joueurs. C’est une rupture majeure dans les secteurs de la santé, du commerce, de l’éducation et des loisirs où chaque jour naissent de nouvelles applications de cette technologie.

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La start-up américaine Nearpod équipe ainsi déjà une dizaine d’écoles de Californie et de Floride. Les élèves peuvent ainsi explorer le fond des océans, visiter les salons du Château de Versailles en apprenant l’histoire du Roi-Soleil ou encore visualiser et manipuler les objets d’un cours de géométrie. Des leçons plus vivantes et plus ludiques dont on peut penser qu’elles réveilleront l’intérêt de pas mal d’élèves rebutés par les méthodes traditionnelles d’éducation. Une révolution !

La santé est également un secteur où la réalité virtuelle apportera un bénéfice important aux patients et aux médecins qui les soignent. En janvier, une première mondiale a été réalisée au CHU d’Angers avec une opération d’une tumeur au cerveau par réalité virtuelle. Dans le cadre du projet Cervo (Chirurgie éveillée sous réalité virtuelle dans le bloc opératoire), un homme d’une cinquantaine d’années, éveillé pendant l’opération, a porté un casque de réalité virtuelle dans lequel défilait un programme de test du champ visuel. « Des points lumineux étaient diffusés, et le patient détaillait au neurochirurgien ce qu’il voyait, permettant à ce dernier d’être certain de ne pas porter atteinte à la fonction visuelle lors de l’ablation de la tumeur. Le cerveau étant le seul organe insensible à la douleur, le champ des applications est immense (visualisation, relaxation, stimulation, etc). Six mois auparavant, un Oculus Rift a permis la première opération de prothèse totale de la hanche filmée grâce à deux caméras fixées juste au-dessus des yeux du chirurgien. Les applications médicales de la réalité virtuelle vont se multiplier et la formation des praticiens via des opérations virtuelles se généraliser.

Vous avez envie de vacances ? Des agences de tourisme, tel Thomas Cook avec des casques Samsung, commencent à proposer à leurs clients une immersion aussi totale que virtuelle dans tel ou tel hôtel en bord de mer, dans un paysage ou un autre. Vous hésitez entre Zanzibar et les Maldives ? Bientôt, vous choisirez en ayant déjà visité virtuellement les deux. Pour promouvoir l’Ouganda et la découverte de ses gorilles, l’agence Matoke Tours propose en téléchargement son application « Virtual Gorilla ». Depuis votre salon, vous êtes déjà au milieu des gorilles !

Les concessions automobiles sont également les premières à s’équiper en casque de réalité virtuelle. D’ici la fin de l’année, tous les Audi City disposeront d’Oculus Rift permettant au futur client de tourner autour du véhicule, de s’asseoir au volant ou sur le siège passager, d’appréhender les détails de l’intérieur de la voiture et même de visiter le moteur. Le V-commerce (Virtual commerce) est né ! Ray-Ban propose déjà le Virtual Mirror ou comment essayer toutes les paires de lunettes du magasin sans bouger. Ikéa permet à ses clients de s’immerger dans une cuisine et de la réaménager entièrement à son gout sans effort.

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Le cinéma n’échappera pas à cette révolution technologique. A Amsterdam, vient d’ouvrir la 1ere salle de cinéma… sans écran ! Chaque spectateur est muni d’un casque et assis sur un fauteuil pivotant à 360°. Documentaires et courts-métrages sont pour l’instant au programme, mais très vite le spectateur pourra se tenir à côté de Superman, « dans » le film. Preuve que les applications sont sans limites et encore à imaginer, les forains d’Europa-Park en Allemagne ont eu l’idée de doter les passagers de leurs montagnes russes d’un casque qui va les faire littéralement plonger dans une mine qui s’effondre ou voler sur le dos d’un dragon. Sensations inédites garanties !

Et nous n’en sommes qu’aux prémices de la réalité virtuelle. Les images promettent d’être encore plus bluffantes avec la généralisation de la 4K et les développeurs vont imaginer de nouveaux programmes toujours plus sensationnels. La révolution a commencé, mais elle prendra 5 ou 10 ans pour se généraliser. Seul bémol, pour certains : la réalité vaudra-t-elle alors encore le coup d’être vécu ?

Pénélope Cruz : Fin d’éclipse

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3 ans déjà ! 3 ans que Pénélope Cruz avait disparu des écrans cinéma, occupée à élever les deux bambins (5 et 3 ans) qu’elle a eus avec son mari, l’acteur Javier Bardem. Une absence qui ne l’a pas empêchée d’être élue par Esquire « plus belle du monde » en 2014 et de revenir, chaque été, nous demander « What did you expect ? » dans une torride pub pour Schweppes. Mais ça y est, en 2016, la bomba made in Spain est de retour. Dans Zoolander 2, aux côtés de Ben Stiller et Owen Wilson, elle prouve brillamment qu’à 42 ans sa poitrine est toujours à la hauteur de son talent. Outrageusement moulée dans une combi rouge dont le zip a une fâcheuse (?) tendance à glisser vers le bas, elle prévient clairement la concurrence des starlettes hollywoodiennes : la patronne, c’est elle !  D’autant que Pénélope Cruz étale son talent dans Ma Ma, drame espagnol dans lequel, l’actrice, méconnaissable, se glisse dans la peau d’une jeune institutrice au chômage qui, après avoir découvert son cancer du sein, décide d’affronter la maladie avec optimiste. Nue et crâne rasé, elle signe un retour dans un registre plus cinéphile qui devrait lui valoir, une nouvelle fois, les honneurs du Festival de Cannes. N’oublions pas enfin Grimsby : agent trop spécial, le nouveau Sacha Baron Cohen (Borat, The Dicator), parodie de film d’espionnage où la belle Ibérique apparait les cheveux courts. Une coupe garçonne également à la une Une, surprenante, du Vogue espagnol. Enfin, annoncée dans « This man, this woman » de Isabel Coixet aux côtés de Diane Kruger, dans « Escobar » avec son mari, et enfin dans « La reina de España », suite de « La fille de tes rêves » (1998), Pénélope Cruz brille à nouveau de milles feux.

Dean de la Richardière : le retour du Funky

bigL’écoute de Tecknofobia, One Upon a Time, Afghakistan et Pump up the rythm, les quatre titres de Pleasure Island, le 1er EP de Dean de la Richardière, est profondément jouissif. Les ex-ados des années 80 y retrouveront la gaité d’une musique funky et sensuelle évoquant irrésistiblement Grace Jones, Chic, Tom Tom Club, Talking Heads, B’52s ou Lizzy Mercier Descloux. Les plus jeunes, absents de cette parenthèse musicalement enchantée qui s’ouvrit de 1978 à 1985, y découvriront un mariage réussi entre groove et electro, percussions africaines en guise de témoins en sus. Un son vraiment original (pour une fois !) qui met la banane et agite les fourmis dans les jambes !

Dean de la Richardière -Amandine pour les intimes- n’aura donc pas échappé à son destin. La jeune femme est née à Paris le 11 mai 1981 jour bénie de la sortie du mythique Nightclubbing de Grace Jones et jour funeste de la mort de Bob Marley. Elle grandit dans le 16ème arrondissement parisien entre une mère authentique aristocrate et un père issu de la bourgeoisie militaire qui n’écoute que les Rolling Stones et lui ramène, à chacun de ses voyages d’affaires en Afrique, un disque de musique locale. Les rythmes de Drums of Passions de Babatunde Olatunji ne la quitteront ainsi jamais. « J’ai ensuite découvert tous les artistes du label culte, Ze Records, et j’ai ressenti une véritable filiation » raconte la jeune femme également fan ultime des productions du Compass Point, le célèbre studio des Bahamas crée par Chris Blackwell.

Après un BTS de communication, l’accueil des artistes au Man Ray, haut lieu des années 90 à Paris, et quelques années à se chercher (journaliste ? photographe ? actrice ? Fleuriste ?), Dean prend la vague des DJettes en intégrant l’agence de Dj’s Tête d’Affiche. La voici bientôt DJ résidente du Baron, repère de la hype parisienne dans les années 2000. Elle mixe au festival de Cannes, Dubaï, Londres ou Tokyo. La Richardière s’épanouit enfin et rencontre Sébastien Tellier, extravagante figure de l’électro-pop hexagonale. Compagne puis épouse du « Pépito bleu », Dean finit tout naturellement par vouloir composer sa propre musique. « A force de passer la musique des autres, tout DJ a le fantasme de créer le morceau ultime, idéal » explique-elle. « Mais si beaucoup arrive à la composition par le sampling, moi je ne pars jamais d’un sample mais d’une mélodie que je crée. J’ai commencé à composer sur ordinateur, en autodidacte, et petit à petit, je me suis mis à la composition au piano ». Début 2014, elle propose sa musique à Michel Esteban, boss en vacances longue durée du fameux label Ze Records qui, séduit par la fraîcheur des compositions de la jeune femme, ressuscite Ze Records et l’envoie à Kingston, Jamaïque, au studio Tuff Gong de feu Bob Marley. Pour l’épauler, une véritable dream team : le producteur Steven Stanley (Grace Jones, Talking Heads, B 52’s), Sly Dunbar (Sly and Robbie, légendaire batteur du grattin musical mondial (Prince, les Rolling Stones, Bob Dylan etc) et Glen Blown, grand bassiste jamaïcain.  « J’ai eu beaucoup de chance, ce fut l’une des plus belles expériences de ma vie. Magique ! » sourit Dean. Un mois et 15 titres plus tard, l’album le plus chic et classe de 2016 était en boite ! Pleasure Island ne sonne pas comme un hommage vintage à une musique évanouie. Et Tecknofobia, mix de dancehall, r’n’b et electro-pop, joyeux et luxuriant, a tout pour être le tube de l’été 2016 !

 

Mathieu Madénian : Le roi du stand up

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Certains l’ont découvert dans le Jamel Comedy Club sur Canal +. D’autres dans les Agités du bocal sur France 4. Ou encore chez Drucker dans Vivement Dimanche sur France 4. A moins que cela ne soit cette année dans le Grand Journal de Canal +, dont il est la seule bonne surprise. Quoi qu’il en soit, en dix ans, Mathieu Madénian a fait son trou dans le paysage humoristique français, au point d’être « le meilleur stand upper français actuel », dixit son mentor, Kader Aoun. Assister à son one-man-show un vendredi soir au Grand Point Virgule confirme, pour une fois, que la réputation n’est pas usurpée. En 1h15, Madénian pilonne 250 spectateurs de blagues féroces, acides et politiquement totalement incorrectes, sur l’actualité, la société, le FN, les nains, les hommes-troncs, les femmes, les noirs, les Arabes, etc. Personne n’échappe à l’humour ravageur de ce quadragénaire à l’abattage impressionnant et l’on ressort de la salle en se disant qu’heureusement, il existe encore des humoristes qui ne sont pas tombés dans la marmite aux blagues aseptisées que les médias nous servent au jour le jour.

Mais pour Madénian, rien d’extraordinaire, c’est juste son job : faire se marrer les gens ! « Ce sont les humoristes qui ont des plans de carrière, qui rêvent de faire du cinéma par exemple, qui doivent plaire au plus grand nombre et ne froisser personne » explique Mathieu Madénian. « Je crois qu’un artiste monte d’abord sur scène pour lui ! S’ il y va pour faire venir le maximum de public et vendre des places, il ne sortira plus certaines vannes pour ne vexer personne. S’il est malin, il saura quelles blagues faire pour plaire à tout le monde. Et là, pour moi, ce n’est plus la même histoire ! ». Alors l’humoriste y va à fond, ne s’interdisant aucun sujet ni personne à condition que cela ne soit pas gratuit, mais ait un sens. L’humoriste sait créer l’empathie avec son public qui devine que le garçon, au fond, n’est pas méchant. « Et 250 personnes qui viennent me voir, ca me suffit » lance-t-il « Certains font ce métier pour la célébrité et d’autres parcequ’ils aiment la scène. Je ne suis pas en demande de notoriété à tout prix ».  Fausse modestie ou manque d’ambition ? Ni l’un ni l’autre semble-t-il. Simplement, un gars qui rit de ce qu’il veut avec qui il a envie de rigoler !

Ce qui est dans la droite continuité de l’enfance de ce Perpignanais à qui ses parents demandaient sans cesse d’arrêter de faire l’intéressant et qui à l’école passait son temps à faire rire ses petits camarades. « Chaque été pendant 4 mois, je me cassais dans les clubs de vacances de la région pour jouer mes sketchs » raconte Madénian. « Ensuite, j’ai fait des études de droit, en criminologie, et à la fin j’ai pris une année sabbatique pour monter à paris et tenter ma chance ». Nous sommes en 2001 et l’humoriste devient la voix Off d’Un gars une fille, la série de France 2. Il écume les petites scènes parisiennes et redescend chaque été dans les clubs de vacances de la région perpignanaise. Jusqu’au jour où Kader Aoun, le « parrain » de la nouvelle scène humoristique française, repère Madenian au théâtre des Blancs Manteaux où l’humoriste joue une pièce, L’Amour en Kit. « Kader Aoun, c’est ma bonne fée ! » s’exclame Madénian. « Il m’a proposé de faire la seconde saison du Jamel Comedy Club, m’a branché ensuite sur les Agités du bocal, sur Drucker et sur le Grand Journal ! Sans lui, je ne serai pas là ». Et c’est avec lui que Mathieu Madénian, depuis le Paname Art Café, fief de Kader Aoun, écrit ses one-man show. En tournée en mai en France, le show partira ensuite au Québec en juillet avant de revenir à Paris en septembre.

« L’arnaque dans ce métier c’est que les plus marrants ne sont pas les plus connus » conclut Madénian. « La réussite, c’est 10% de talent, 80% de boulot et 10% de chance, mais ce sont ces 10% là qui font toute la différence ! ». Lui a touché ses 10% !

 

Karoline Rose : Chanteuse kaléidoscope

Portrait de Karoline Rose, chanteuse et musicienne, posant pour Le Figaro, à Paris.

Portrait de Karoline Rose, chanteuse et musicienne, posant pour Le Figaro, à Paris.

Suivre Karoline Rose est un jeu de pistes. Il y a d’abord cette voix, puissante, souvent énervée et pourtant toujours mélodieuse. Il y aussi des bribes de vidéos, des photos de The Voice, des teasers mystérieux sur le web. On découvre une Caroline Rose avec un « C ». Ou plutôt deux : l’une aux États-Unis, l’autre en France. Et puis, enfin, Karoline Rose avec un « K », récente première partie de Nina Hagen au Bus Palladium, protégée de Babx avec qui elle finalise un EP pour septembre et un premier album en janvier 2017. Aussi, quand on rencontre dans un café de République, la mystérieuse chanteuse, la première question qui brule les lèvres est : « qui es tu Karoline Rose ? ».

« J’ai tellement multiplié les expériences musicales qu’un nettoyage sur internet s’imposait » explique la jeune femme de 29 ans. « J’assume tout ce que j’ai fait, mais internet est la carte de visite d’un artiste. Je devais repartir sur quelque chose de neuf d’où ce changement d’initiale de mon prénom ! ». On déroule alors le fil. (C)Karoline Rose est née à Karlsruhe, dans la forêt noire, d’une mère allemande et d’un père français. Caroline Rose existe bien aux Etats Unis mais elle n’est qu’une homonyme. Karoline a baigné dés sa naissance dans un univers musical puisque sa mère, Caroline Colson, est, dans les années 80, une vedette de la variété allemande. L’enseignement artistique étant bien plus développé outre-Rhin que par chez nous, elle reprend dès ses 7 ans les standards pop de l’époque et à 13 ans, elle joue dans des groupes de rock locaux. « Je gueulais déjà comme un mec de 30 ans » rigole Karoline Rose « j’avais déjà cette voix, mais avec un physique de bébé. Ma mère m’accompagnait partout pour me protéger ! ». La chanteuse en herbe pousse assez loin l’expérience avec l’enregistrement de démos en studios. Des groupes de fans se constituent.

Mais à 15 ans, c’est la cassure avec un retour en France. « Je me suis précipitée à la MJC locale et j’ai monté un groupe de Death Metal car j’étais très en colère de me retrouver en France » raconte-t-elle. « Ici, la vie est plus difficile ici pour les ados et l’artistique est moins développé ». Mais la jeune fille est tenace : école de musique à Paris, finale du concours Paris Jeune Talents, petite tournée outre-Atlantique à Nashville et New York) où elle teste ses propres chansons, retour à Paris où la production de The Voice insiste pour qu’elle rejoigne le télé-crochet, apparition dans 1789 la comédie musicale de Dove Attia, retour en Allemagne pour les sélections du Concours Eurovision, spectacle de reprise des chansons de Piaf et enfin une Bohème de Puccini, pop-lyrique, aux Bouffes du Nord avec Camelia Jordana ! « J’ai déjà eu plusieurs vies » sourit Karoline Rose « J’ai multiplié les expériences, sans avoir à chaque fois l’intention de m’éterniser, juste pour me faire remarquer. J’ai aussi expérimenté beaucoup de styles musicaux pour affiner mes envies. Mes gouts sont très éclectiques : je viens du métal et du punk-rock, j’adore Nica Hagen, Courtney Love et MIA et j’aime le jazz et la pop. Bref, je savais que ce que je ferai un jour serait assez spécial ! ».

Puis l’heure est venue de ramasser toutes ces expérimentations et d’en faire émerger une chanteuse toute neuve, Karoline Rose. « La rencontre de ma vie, c’est Babx, auteur, compositeur et patron du label BisonBison » raconte la chanteuse. « Il travaillait avec Camelia Jordana -une fille top !- et il est venu la voir un soir lors de la Bohème. Il a aimé ce que je faisais et rapidement on a décidé de travailler ensemble sur mon premier album ». Nouvelle direction artistique, nouvelle image, la fusée Karoline Rose est enfin sur la rampe de lancement. En cohérence avec son projet, elle enchaine les premières parties rock : Nina Hagen, Jeanne Added, Christophe Olivier… Le public découvre sa belle voix, son énergie et ses compositions rock et punchy où français et allemand se mélangent harmonieusement (si,si, c’est possible !). Le Girl Power est au centre de ses textes, souvent provocateur dans la forme, mais finalement très peace and love sur le fond. Et parce que Karoline Rose est décidément jamais là où on l’attend, elle sera en juillet au festival d’Avignon pour une pièce où elle incarnera Nina Hagen confrontée à un faux Michel Houellebecq ! Décidément, Rose is the new schwarz !