Claudine Ivari : voyage Haute-couture

Leitmotiv de cette collection baptisée Comtesse de Castiglione : une robe en dentelleesprit résille, portée à même la peau nue, épouseavec délicatesse le galbe du corps tel un déshabillé.

Leitmotiv de la collection automne-hiver 2013/2014 baptisée Comtesse de Castiglione : une robe en dentelle esprit résille, portée à même la peau nue, épous avec délicatesse le galbe du corps tel un déshabillé.

On est d’abord étonné par lieu : le 79bis avenue Marceau dans le 8ème arrondissement cache un splendide hôtel particulier classé monument historique où dans les années 20, Pierre Georges Latecoere créa la poste aérienne transcontinentale. Puis l’on est surpris de découvrir, au fond du petit jardin, une élégante boutique-boudoir ornée de luxueuses robes. Enfin, on est stupéfié d’être accueilli par une aussi jeune maîtresse de maison, la créatrice Claudine Ivari, 25 printemps au compteur !

autome-hiver 2013/2014

 

« Je reconnais que j’ai beaucoup de chance » sourit la jeune femme, quelques jours à peine après l’inauguration de cette 1ère boutique parisienne pour laquelle elle aura bataillé un an. Car Claudine Ivari a du caractère et sait ce qu’elle veut. « J’ai toujours aimé dessiner et depuis mes 13 ans je savais que je voulais avoir ma propre griffe » raconte-t-elle. Le coup de foudre est survenue en Arabie saoudite, quand ses parents, iraniens d’origine, ouvre un shopping center proposant de multiples services à une clientèle privée. Drôle d’endroit que le pays de la burka pour tomber amoureuse de la mode ! Mais ce shopping center comprend un petit atelier de couture où la jeune Claudine passe tout son temps libre à admirer tissus, broderies et robes qui en surgissent. « Inconsciemment j’ai également dû être influencée par ma mère qui voulait être styliste mais n’a jamais osé le dire à mon grand-père ; en Iran, les parents sont fiers de vous si vous devenez médecin ! » raconte celle que sa mère emmenait dans ses virées shopping avenue Montaigne, du coté de Chanel ou Valentino.

automne-hiver 2013/2014

 

Pour rassurer ses parents sur la pérennité de sa passion pour la mode, Claudine Ivari étudiera le business et  l’histoire de l’art à l’Université américaine de Paris en même temps qu’elle fera Esmod. Elle partira même à Los Angeles travailler dans la clinique qu’y possèdent ses parents afin de mieux connaitre la gestion d’une entreprise. Enfin, en 2009, de retour à Paris, elle se jette à l’eau. «Ma première collection, je l’ai créé dans ma chambre » se souvient la créatrice «Le buzz a été bon et mes parents m’ont alors aidé à monter ma marque. Mais ça ne rigole pas ! Ils se comportent en véritables investisseurs! ». Un premier défilé salle Wagram puis un second sur le bateau Maxim’s et voici la grille Claudine Ivari lancée. Une riche clientèle française, russe et moyen-orientale craque pour ses robes et ses tops ornés de pierres fines, de perles, d’améthystes, de topazes, de citrines ou de cristaux. Un vestiaire chic et romantique, demi-mesure, composé de classiques revisités entre petites robes de garden party, vestes de tailleur et pantalons habillés aux coupes et finitions impeccables. Un made in France de qualité dont est très fier Claudine Ivari et qui lui vaut de remplacer Valentino dans la fameuse Galerie des Tentations du très chic Hotel Ritz…

automne-hiver 2013/2014

«Je veux remettre à l’honneur le mot luxe qui a perdu un peu de sa valeur aujourd’hui en se démocratisant » explique la jeune femme. «Montrer que le vrai luxe existe toujours et que des personnes essaient de prendre la relève. Il existe une demande pour la nouveauté, pour l’exclusivité, chez des femmes qui ne veulent pas perdre leur féminité sous prétexte qu’elle travaille, ont des enfants et courent toute la journée ». Car la femme Ivari doit « se pomponner tous les jours ».  « J’ai la nostalgie des années 50 où les femmes de l’après guerre se sont mises à travailler tout en restant coquette et séductrice » explique cette grande fan des filles glamour qui peuplent la série Mad Men.  Ambitieuse et talentueuse, cette amoureuse des voyages et des peintres impressionnistes avoue admirer Jean Paul Gaultier « pour sa créativité, son sens ethnique et son audace »,  Alaïa « pour sa mise en avant de la féminité » et Chanel « pour son classicisme intemporel ». Joli panthéon…

(septembre 2012)

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