Pierre Corthay : Haute-Chaussure

Il y a un peu de la Suisse dans les plus belles chaussures du monde ! Si le titre peut toujours être disputé par une autre griffe, l’origine Vaudoise des grands-parents de Pierre Corthay, bottier à Paris, est bel et bien établie. Ce qui est également sûr, c’est que Suzy Menkes, papesse de la mode bien avant Anna Wintour, eut le coup de foudre pour ses souliers Homme au point de lui consacrer en 1995 une page entière du prestigieux New York Herald Tribune. Au paradis des amoureux de « belles pompes », cet ancien de chez John Lobb et de chez Berluti (tiens, tiens !) a d’ors et déjà gagné son casier à chaussures !

Fasciné par le travail sur le cuir dés son plus jeune âge, Pierre Corthay entreprend le tour de France des Compagnons du devoir. « J’ai choisi le soulier car le façonnage s’apparente à la sculpture, le travail technique est très complexe et passionnant et enfin la rencontre avec le client est très importante. La psychologie, le désir, compte beaucoup » raconte le créateur. Un homme est en effet d’abord à la recherche de confort. Mais les chaussures, avec la montre, étant les deux éléments les plus distinctifs dans la garde-robe masculine, Pierre Corthay apprécie particulièrement conseiller des clients parfois un peu perdu dans cet univers. «Les souliers sont ce qui terminent une silhouette » explique-t-il. « Selon sa corpulence, un homme peut ou ne peut pas porter certaines formes. Je les amène aussi à dépasser les classiques noir et marron en leur faisant des propositions de couleurs, jamais extravagantes ou ridicules, mais chic et de bon goût ». Une véritable science apprise d’abord chez John Lobb durant 2 ans puis chez Berluti pendant 5 ans comme chef d’atelier.

Il se lance en solo en 1990 avec des créations sur-mesure. Il utilise essentiellement du veau et chaque paire, faite à la main, nécessite pas moins de 45h de travail. Lanvin et Dior sont ses premiers clients. Le Sultan de Brunei lui achète 150 paires. Pierre Corthay est lancé. Une commande extraordinaire du Club de Golf de Long Island, le plus cher du monde, lui permet enfin en 2003 de créer sa propre manufacture, près de Paris, en 2003. Boosté par Internet, le bottier de luxe lance une ligne de prêt-à-chausser aussi exigeante mais plus abordable (1000€ environ contre 4000€ pour le sur-mesure). Courez-y !

(décembre 2012)

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