Catherine Malandrino : God Bless Fashion

Halle Berry à l'avant-première moscovite de Cloud Atlas en Catherine Malandrino

Halle Berry à l’avant-première moscovite de Cloud Atlas en Catherine Malandrino

Madonna,  Sharon Stone, Halle Berry, Julia Roberts, Jennifer Aniston, Liz Hurley, Demi Moore, Charlize Theron, Sarah Jessica Parker pour Sex in The City ou Heidi Klum ont porté ses créations. Angelina Jolie a même choisi l’une de ses robes de soie cloutée pour poser en cover de Rolling Stone. Il ne s’agit ni de John Galliano, ni de Karl Lagerfeld ni d’une méga-star de la planète mode et cette personne est française. Pire, osons le dire, elle reste relativement méconnue de ses compatriotes. « Elle », c’est Catherine Malandrino, créatrice née à Grenoble, expatriée à New York, adulée par les fashionitas américaines (et du monde entier).

«L’histoire a commencé par un double coup de foudre : pour l’homme de ma vie et pour New York » raconte la jeune femme. Nous sommes en 1979, et la jeune styliste dessine, après des passages chez Dorothée Bis ou Emmanuel Ungaro, pour la marque de prêt-à-porter « Et vous ». Elle se rend dans la Grosse Pomme pour rencontre Bernard Aidan, le responsable americain d’Et vous. Ils ne se quitteront plus. Portée par l’amour et emportée par l’énergie new-yorkaise, Catherine Maladrino s’installe à Manhattan et décroche un poste de styliste chez Diane Von Furstenberg. La nuit elle dessine ses propres modèles, encouragée par l’homme de sa vie. Et c’est ensemble qu’en 1998 ils présentent la 1ere collection de la créatrice, « Collage ». La presse s’emballe ainsi que les acheteurs de Bergdorf Goodam, le grand magasin de la 5ème Avenue. « A commencé alors ce que l’on appelle le rêve américain mais que je vis vraiment » raconte Malandrino.

Un rêve qui va se nourrir, coïncidence extraordinaire, du cauchemar d’une nation. En janvier 2001, la styliste présente sa collection Flag, composée de robes fluides estampillées des étoiles et des rayures du drapeau des Etats-Unis .

La célèbre robe Flag

La célèbre robe Flag

«C’était l’expression de mon Amérique à moi, rebelle et amoureuse des grands espaces, inspirée d’un film que j’adore Easy Rider » raconte-t-elle. « « Mon » drapeau n’est d’ailleurs pas conforme à l’original : les rayures s’entrechoquent et les étoiles sont différentes. C’est l’Amérique que je voulais trouver, plus douce, plus féminine, d’où ces robes en soie, transparente ». Le 11 septembre 2001 va transformer cette vision onirique de la bannière étoilée en symbole du patriotisme retrouvé de l’Amérique attaquée et blessée. La robe Flag se retrouve en vitrine de Bergdorf Goodman et s’arrache comme des petits pains. Finalement, Ariane Phillips, la styliste de Madonna appelle Malandrino pour lui commander quelques exemplaires pour sa patronne. Catherine est définitivement sur orbite. Les stars vont alors se succéder dans sa boutique de Soho tandis que ces collections revisitent l’âme et la culture yankee au travers des yeux d’une française. Le défilé « Hallelujah », au théâtre Apollo d’Harlem, avec ses blondes afro et ses belles blacks a casquettes de poulbots, est une ode à la ville et à la musique noire américaine qu’elle adore. « NY Canyon », au retour d’une visite des grands canyons, met en scène des cow-girls à l’élégance décalée. « Down to Earth » est le résultat d’un voyage au pays des Amich en Pennsylvanie tandis que la collection « Slam princess » s’inspire du Broadway mythique. Lenny Kravitz commande à Malandrino un perfecto en cuir incrustée de 3500 cristaux swarovski et la chanteuse R’n’B Mary J Blidge devient son amie et sa plus fervente supportrice. La griffe Malandrino explose. L’Urban Queen qu’elle dessine et propose aux américaines exprime sa vision d’une femme libre, forte, sensuelle et moderne. Les lignes souples et féminines de ses vêtements tempèrent un style urbain où se combine l’élégance à la française (elle admire Chanel) et le rythme New Yorkais. « Extrêmement sophistique et si typiquement française » résumera le Women’s wear daily.

« Je ne sais pas si la même aventure aurait été possible à Paris puisque je n’ai pas essayé » raconte Catherine Malandrino. «Ce qui a été formidable c’est que NY m’a emporte très vite avec elle, avec son énergie et son rayonnement international qui m’a permis d’ouvrir des boutiques en Turquie, à Dubai, au Koweit, à Tokyo, etc. Mais j’adore Paris, où j’ai aussi une boutique Bd saint-Germain, et j’ai beaucoup de plaisir à rentrer ici ».

(décembre 2008)

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