Tom Ford-Justin Timberlake : le new Rat Pack ?

Justin-Timberlake-Joins-Forces-With-Tom-Ford-For-New-Album-coverDans les années 60, Frank Sinatra, Dean Martin, Sammy Davis, Jr., Joey Bishop et Peter Lawford créaient le Rat Pack, groupe-roi de l’entertainment US et plus particulièrement de Las Vegas. Leur style vestimentaire, chic et classe, a imposé pour longtemps une esthétique sixties que remet au gout du jour Justin Timberlake dans son nouvel album, The 20/20 Expérience, et ce avec la complicité du couturier Tom Ford. Pour ce dernier, c’est aussi un retour sous les spot lights. En effet, depuis que l’ex designer de Gucci s’est lancé sous son propre nom en 2007, il fuit la médiatisation et le petit cirque des fashion week. Les présentations intimistes ont succédé aux shows démesurés des défilés et quasi aucune image des collections Tom Ford ne filtre désormais. Toutefois, pour l’ouverture de sa boutique parisienne l’an dernier, le Texan avait accepté d’être suivi par une caméra à New York et à Londres pour un documentaire rare diffusé par la chaîne Stylia.

Ce film est précieux. Pour la première fois, le créateur se livre intimement, parle de son succès, de sa traversée du désert, de son processus créatif et même de la… mort ! Derrière la figure de l’ex roi du porno-chic, apparaît l’homme. Qui n’envisageait pas, plus jeune, d’œuvrer dans la mode…

« Je suis obsessionnel et perfectionniste depuis toujours, je suis né avec ça. Enfant, je savais déjà très précisément ce que je voulais, quel film je voulais voir ou pas, quel chaussure je voulais porter ou pas. Je regardais beaucoup de films et je rêvais d’une vie glamour. Je voulais m’échapper du Texas et à 17 ans, je suis parti à New York pour devenir acteur. J’ai suivi des cours de comédie, tourné des pubs, m ais j’ai vite réalisé qu’être comédien n’était pas pour moi car je ne contrôlais rien ! Comme j’aimais l’architecture, je me suis tourné vers ce métier mais c’était vraiment trop sérieux pour moi ! Pourtant, j’aime construire que ce soit une marque, une boutique, un vêtement, un film. C’est ce qui me rend heureux. J’ai finalement compris que j’étais fait pour la mode et l’architecture me sert beaucoup dans la construction du vêtement ».

Tom-FordA la fin de l’aventure Gucci, avec la griffe Yves  Saint-Laurent dont il s’occupait également, Tom Ford dessinait 16 collections par an ! Mais quelque chose manquait à ce bosseur acharné, quelque chose dont il va prendre conscience à la faveur de son départ de monde de la mode. « J’étais vidé et j’ai connu un grand creux » raconte Tom Ford. «Je n’étais pas préparé à cela. Soudainement mon agenda était vide. Je ne savais plus qui j’étais et qui j’étais supposé être. A 40 ans, j’avais tout mais j’ai compris que ce qui me manquait c’était un film ! ». Cet amoureux du cinéma se lance alors dans A Single Man, adapté d’un roman du Britannique Christopher Isherwood. «Tout ce que vous avez besoin de savoir à mon sujet est dans le film. C est ma crise de milieu de vie portée à l’écran ! » raconte Tom Ford. « Par exemple, la scène où Georges (Colin Firth), totalement dépressif,  s’habille longuement devant sa glace n’est pas dans le livre. En revanche j’ai exactement connu ca. Quand j’étais dépressif, après Gucci,  s’habiller soigneusement devant le miroir était un rituel, comme enfiler une armure.Il y a beaucoup de moi dans le personnage de Georges ».

La mode finira par rattraper ce passionné. Cosmétiques, parfums, lunettes, collection homme puis femme : Tom Ford, sans tapage, est revenu au premier plan mais travaille désormais à sa façon. «C’est un mythe de croire que le style des hommes évolue en permanence » explique-t-il. « Le look de chacun est avant tout dicté par ses goûts, ses habitudes et ses besoins. Ces derniers temps, la mode a eu tendance à devenir un phénomène de masse. Elle s’est mise à dicter une silhouette saisonnière, une gamme de couleurs et des accessoires phares pour tous, mais cette standardisation n’a rien à voir avec le luxe. » Tom Ford propose désormais un dressing idéal, une garde robe complète, la plupart du temps sur mesure, très luxueuse.

« Mon inspiration, c’est la vie. Il est important pour un créatif d’être dans le monde, de lire, voir, écouter un maximum de choses, pour être contemporain et dialoguer avec le monde dans lequel il vit. Les femmes qui ont de fortes personnalités  et  un style terribles (Julianne Moore, Lauren Hutton, Beyoncé…) sont également des muses pour moi. La mode est un business basé sur le désir. Le style c’est quelque chose de différent, qui ne dépend pas de l’argent qu’on a. C’est  l’expression d’une personnalité à travers les vêtements ».

Apaisé, désormais plus en phase avec lui-même, le créateur affiche, en guise de conclusion, sa sérénité. «Je peux mourir demain je m’en moque. J’aurai eu une très belle vie et nous savons bien que rien ne dure…  Pour l’instant je veux juste m’amuser. Dans la vie, on doit faire ce que l’on aime ! ».

(avril 2012)

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