Fifty Shade of Grey : un business d’enfer !

Le pauvre marquis de Sade doit se retourner dans sa tombe. Lui qui mourut en 1814, dans le dénuement et après avoir passé 27 ans en prison, aurait pu connaître la célébrité et la richesse, à 200 ans près.. Alors que viennent de sortir en ce début d’année « Cinquante nuances plus sombres » puis « Cinquante nuances plus claires », force est de constater que les tribulations sadomasochistes de la jeune Anastasia, tombée sous l’emprise perverse du charmant (et très riche) Christian Grey, représentent un business juteux.

Les chiffres sont éloquents : à lui seul, le roman d’E.L. James aura réveillé un monde de l’édition en train de s’émietter sous la pression d’Internet (vente en recul de 9% aux Etats Unis). En dépit d’une flagellation générale, l’objet du désir se sera vendu à 40 millions d’exemplaires l’an dernier. En Grande-Bretagne, Fifty Shade of Grey est désormais le livre le plus vendu de tous les temps, loin devant Harry Potter ou le Da Vinci Code. Les suites sont parties pour atteindre les mêmes scores et le film est d’ors et déjà en production à Hollywood.

Mais cette révolution sexuelle en cours ne se limite pas au papier. Tout un « univers », pour reprendre un terme marketing, s’est mis en place afin que chacun puisse jouer au petit Masoch. Une « ligne » officielle Fifty Shade of Grey fournit les amateurs en accessoires. Mais tout le monde en profite. Aux Etats-Unis, les ventes de cravaches ont ainsi augmenté de 500% sans que l’on note pour autant un boom de l’équitation. Pour les boules de Geisha (qu’Anastasia aime porter au restaurant quand elle dîne avec Christian), on en est à +600%. A Paris, il se vend 85 paires de menottes par jour dans les boutiques spécialisées et ce n’est pas la Police qui vient s’approvisionner !

Vient ensuite l’indispensable bande-son :  « Fifty Shades of Grey – the Classical Album », compil des tubes préférés de Christian quand il manie le fouet. Avant de se faire fessée, Anastasia se maquille chez  Bobby Brown et sa palette de couleurs Come Hither (teintes aguicheuses). Enfin, pour les libidos qui ont du retard à l’allumage, « Fifty Shades of Grey – Le jeu » devrait se révéler plus efficace qu’un Monopoly.

Laissons le mot de la fin à Michel Pennec, directeur d’Humus, la plus grande librairie érotique de Lausanne.  » Le « phénomène » Fifty Shades of Grey est un partout présent, sauf à Humus !  Je n’en ai vendu que 2 exemplaires » sourit Michel Pennec. « Le livre est tellement mauvais qu’il semble que ma clientèle cherche autre chose. C’est un livre qui s’adresse à des gens qui ne lisent pas, un livre de supermarché.  J’espère seulement que celles et ceux qui découvrent la littérature érotique avec Fifty Shades ne la réduiront pas à cette ineptie ».  Espérons que l’appétit vient bien en mangeant…

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