La pénurie de champagne menace-t-elle ?

Fêtera-t-on, le 21 décembre prochain, la fin du monde prédite par les Mayas dans un dernier toast au Champagne ou devrons-nous nous contenter d’un gobelet plastique de Coca Cola ? Incongrue, la question interpelle beaucoup de terriens, moins d’ailleurs sur la réalité de la catastrophe finale que sur la pénurie éventuelle de leur nectar préféré. Comme en 2000, alors Nostradamus promettait l’Armageddon au tournant du millénaire, la rumeur récurrente d’un manque prochain de petites bulles inquiètent les épicuriens. À l’époque, les Maisons de Champagne s’étaient finalement retrouvés avec un sur-stock. Mettons fin à cet insoutenable suspense : nos coupes, si les Mayas le veulent bien, seront remplies à Noël.

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«La demande mondiale en Champagne et une récolte 2012 en baisse de 30% par rapport à 2011 pour cause de mauvaise météo n’entraîne aucune inquiétude car la réserve qualitative individuelle viendra compléter les assemblages champenois» explique Thibaut Le Mailloux, directeur de la communication du Comité Champagne (CIVC) qui regroupe toutes les Maisons de Champagne ainsi que les vignerons. «En France, en 2011, 323 millions de bouteilles sont sorties de Champagne. Nous n’avons donc pas encore rattrapé le niveau d’avant la crise, celui de 2007 avec 339 millions de bouteilles. Le niveau maximal de production serait, dans des conditions optimales de rendement et de météo, de 400 millions de bouteilles, seuil jamais atteint. L’idée de pénurie est donc très anticipée et hasardeuse ». La France absorbe 54% de la production (180 millions de bouteilles), les pays de l’Union Européenne 22% (dont 35 millions de bouteilles pour la Grande Bretagne) et le Grand Export 23% (dont 1,3 millions de bouteilles pour la Russie ou la Chine). Mais au 1er semestre 2012, le Grand Export, sans compter la France, a dépassé l’Europe pour la première fois.  Les pays « matures » n’ont plus une très grande marge de progression et le sud-est asiatique, avec notamment la Chine (+19% en 2011), l’Inde (+58%), le Brésil ( +7%) ou le Mexique (+18%)  apparaissent comme de nouveaux relais de croissance que les Maisons de champagne investissent. « Le potentiel Chinois est immense mais encore faut-il éduquer le goût des consommateurs. Rien ne dit que la demande augmentera partout en même temps et au même rythme » relativise Thibaut Le Mailloux. Si le risque de pénurie générale est écartée, certaines marques, prestigieuses et très présentes à l’international où leurs marges sont plus confortables, pourraient se faire plus rare sur le Vieux Continent, du moins se renchérir.

Pour l’heure, 3 ans ½ de stock-bouteilles dorment dans les caves Champenoises. Grâce aux réserves en raisin permettant des assemblages, la production 2012 sera finalement aussi abondante qu’en 2011. Une révision des 280 000 parcelles de l’AOC (Appellation d’Origine Controlée) est actuellement menée par l’Institut National de l’Origine et de la Qualité (INAO). Elle est motivée par le fait que certaines communes ou parcelles n’étaient pas entrées dans l’aire Champagne à sa création en 1927 mais pouvaient y prétendre. Quoi qu’il en soit, le champagne demeurera un produit haut de gamme, sans ambition hégémonique. Tchin-tchin !

(décembre 2012)

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