Maison Martin Margiela : 25 ans d’anticonformisme

Double actualité pour Maison Martin Margiela :

-Lauréat du Prix International du Parfum Marie-Claire 2013, Beach Walk Calvi, 1972 de Maison Martin Margiela s’est vu décerné le Prix France 2013. De bonne augure à 48h des Fifa Awards, qui récompensent les meilleurs parfums lancés dans l’année, et pour lequel Beach Walk Cavi, 1972 est nommé au Prix des Experts.

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-De plus, Maison Martin Margiela fait sa première incursion dans le domaine de l’horlogerie avec la montre Collaboration Model GA-300 qui célèbre les 30 ans de la G-Shock de Casio. Le fruit de cette collaboration est disponible depuis le 30 mars en édition limitée de 3.000 pièces au prix de 300 €.

Retour sur un créateur pas comme les autres…

Martin Margiela est une icône et un mystère de la mode. Ce couturier belge de 51 ans, qui fête cette année 25 ans de création, est le designer le plus anti-conformiste et le plus avant-gardiste de sa génération. Un puriste dont le style, échappant à toute classification, est qualifié de « métamode » car ses vêtements parlent avant tout… de vêtements ! Même la griffe de ses vêtements est vierge de toute mention de la maison, un numéro indiquant simplement de quelle ligne il s’agit : la 11 est ainsi la ligne masculine ( 23 lignes sont disponibles). Comme il s’affranchit des conventions de la mode, il refuse le culte de la personnalité qui entoure de nombreux couturiers. C’est même un culte de l’impersonnalité qu’il entretient, refusant d’être pris en photo et n’accordant jamais d’interviews. Le secret Margiela ne s’exprime jamais en son nom propre mais toujours au nom du collectif que constitue son entreprise…

Ce que l’on sait de lui ? Il a étudié à la Royale Académie d’Anvers et de 1984 à 1987, il est assistant de Jean Paul Gaultier. En 1988, il fonde la maison Martin Margiela à Paris et présente sa première collection femme. Son « concept » séduit instantanément les amoureux de la mode. Ses vêtements sont toujours une « recomposition ». Margiela exhibe sa construction ou l’histoire de celle-ci. Cela peut-être la toile d’un vêtement volontairement inachevé ou des « réplicas », des vêtements chinés dans le monde entier, reproduits à identique, et vendus comme tels. Il manie à la perfection le trompe l’œil et joue beaucoup sur le masculin-féminin. Il a aussi inventé le « work in progress », principe où l’on transforme et ne jette pas. Ainsi, des chaussettes récupérées dans les stocks de l’armée sont décousues et assemblées en pull-over; un pantalon à pinces masculin devient une jupe, une housse d’emballage en plastique un haut porté sur une robe, des guirlandes de Noël un manteau, des chapeaux un boléro etc.

De 1997 à 2004, il est le styliste de la vénérable maison Hermès (Jean Paul Gaultier lui succèdera). La collaboration surprend au départ mais le mix des codes Hermès avec les siens aboutit à des collections de vêtements intemporels dans les matières les plus nobles pour une femme libre et sans âge. Le succès est, là aussi, au rendez vous. Entre temps, une première boutique Martin Margiela a ouvert ses portes à Tokyo (2000) puis à Bruxelles et Paris (2002) présentant la gamme complète des produits Margiela, chaussures, livres et objets compris. Minimalistes et avant-gardistes, les boutiques n’ont pas d’enseigne et sont meublées d’objets de récupération peints en blanc. Ses défilés sont également très originaux : une station de métro (1992), un film à la place du passage des mannequins,  de la peinture rouge sur le podium etc.

Aussi intègre que soit sa démarche, Martin Margiela se heurte au début des années 2000 aux réalités industrielles et commerciales. Avec de multiples lignes et boutiques, il est victime de son succès et doit renoncer à son indépendance en s’adossant à un grand groupe capable de financer son développement. Ce sera le groupe italien Diesel en 2003. Le deal est parfait puisque depuis Martin Margiela ne cesse de créer et d’innover (accessoires, meubles, parfums…) avec talent tout en ayant réussi à préserver la démarche artisanale et originale qui a fait son succès. En décembre 2009, le départ du fondateur tourne une page de l’histoire de la maison. Depuis, une équipe de créateurs dont les identités demeurent secrètes est à la tête des collections. En 2010, la ligne 3 – Parfums – est inaugurée…

(mars 2009)

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