Stéphane de Groodt : surréalisme belge

Ne ratez pas dimanche dans Le Supplément de Canal + la véritable révélation de cette année télé !

Toute rentrée télévisuelle apporte son lot de nouveautés. Entre grandes déceptions et petites déconvenues (on ne citera personne…), la vraie bonne surprise est allée se nicher cette année dans Le Supplément, nouveau magazine du week-end de Canal +, présenté par Maïtena Biraben. En quelques numéros, la chronique du Bruxellois Stéphane de Groodt s’est imposée comme un rendez-vous dominical poétique et surréaliste à ne pas zapper. L’idée ? « Retour vers le futur », une rencontre tout aussi imaginaire qu’hilarante avec une personnalité dans l’actualité. Exemple d’octobre avec Mitt Romney : « Une fois arrivé à son QG de campagne, tellement à la campagne d’ailleurs qu’il a été baptisé Romney-sous-bois, je le salue d’un « nice to Mitt me », puis lui pose la question qui brûle les lèvres de tous les analystes politiques de France et d’Elodie Navarre: « Mais Mitt, qu’est-ce que c’est que ce prénom tout pourri ? But Mitt, what is this bullshit préname ? » si vous regardez cette émission en V.O… Il me précise que Mitt est son deuxième prénom, tout comme Hussein est le deuxième prénom de Barack Obama, et Michelle le prénom de sa dame ». Ou encore : «Quant à l’ami Mitt, furieux, d’un œil noir il me dévisage alors des pieds aux genoux, ça va plus vite, en me demandant si j’en ai pas marre de faire des jeux de mots pourris sur son prénom. C’est la goutte qui a fait déborder la casserole, il en a marre Mitt ! Il se met alors dans tous ses états, s’excite au point de faire un malaise. Et paf, le Mitt s’effondre ! ».

fddf« J’ai toujours adoré jouer avec les mots, m’en servir pour écrire une musique et embarquer les gens dans une histoire surréaliste mais plausible » décrypte cet admirateur de Raymond Devos et Pierre Desproges. Avec son complice d’écriture Christophe Debacq, Stéphane de Groodt s’amuse à construire un imaginaire dont les pièces de Lego seraient le vocabulaire. Décalé mais sous contrôle. « On peut tout se permettre mais il ne faut pas douter de son imagination et oser se l’autoriser » avance de Groodt, heureux que Canal + ait eu l’audace d’accueillir son univers et son ton. « Je suis trop barré et pas assez compréhensible par le plus grand nombre pour les autres chaînes » reconnaît cet ennemi du 1er degré. L’époque étant aux humoristes cyniques, voire méchants, sa pastille extravagante ne s’imposait pas non plus d’emblée. « Je les respecte beaucoup, mais je ne pourrai pas faire ce que font un Gaspard Proust ou un Stéphane Guillon ; je n’ai pas cette plume trempée dans le vitriol »  explique l’auteur qui ne se revendique pas journaliste mais seulement amuseur public.

Le parcours de l’homme est aussi atypique que son style. Enfant, il rêve d’être pilote de course et comédien, comme Jean-Louis Trintignant, son « dieu vivant » ! Passionné par l’automobile, il conçoit la piste comme une forme de scène, avec son public dans les tribunes, susceptible d’étancher sa jeune soif de reconnaissance.  Il quitte rapidement l’école et commence par s’acheter la combinaison de pilote et le casque qui font de lui, face à sa glace, un héros du bitume… sans voiture ! « Ma passion et ma détermination m’ont guidé et j’ai rencontré les bonnes personnes qui m’ont mis le pied à l’étrier » raconte celui qui, en 15 ans de carrière, remportera nombre de courses (notamment un titre de champion de Belgique en BMW Compact Cup) jusqu’à parvenir en Formule 3000, l’antichambre de la Formule 1. Mais, en parallèle, Stéphane de Groodt écrit, fait de l’improvisation et monte une troupe de théâtre. Aussi, les journalistes automobiles finissent-ils par demander à ce pilote-comédien d’intervenir dans leurs magazines télé. Il débute à la télé belge et se fait remarquer par un producteur qui lui propose de jouer dans un téléfilm. L’heure a sonné de lâcher les bolides pour une carrière de comédien désormais dans sa ligne droite. En 2000, le succès est au rendez-vous avec les 150 épisodes de File dans ta chambre, réponse excédée d’un père aux questions pertinentes mais agaçantes de son fiston (« Dis papa, c’est quoi une botte de légume  ? »). Les téléfilms s’enchaînent (Mes amis, mes amours mes emmerdes  sur TF1, Boulevard du Palais sur F2 entre autres) ainsi que les films (deux Astérix et Obelix pour ne citer qu’eux) sans que de Groodt n’atteigne encore le haut de l’affiche. Il est le genre de comédien dont on connaît le visage mais pas le nom. Sa voix, sur RTL où il lit chaque semaine un courrier déjanté d’auditeurs imaginaires, s’est elle imposée. Mais désormais estampillé Canal +, les opportunités se multiplient. En vrac, plusieurs téléfilms dont le futur feuilleton quotidien de F2, un pilote de série produit par Jamel Debbouze pour M6, deux films de cinéma, la reprise du rôle de Patrick Bruel dans Le Prénom au théâtre à Bruxelles et, bien sûr, l’envie d’adapter au cinéma et sur scène l’univers de Retour vers le Futur lui promettent une importante couverture médiatique dans les prochains mois.

Alors, le dimanche à 13h, savourez l’humour Belge. «Chez nous, on accepte très facilement de se moquer de nous-mêmes » conclut Stéphane de Groodt. « Nous sommes assez proches de l’humour pince-sans-rire anglo-saxon, de l’œil qui frise, du flegme britannique. Le royaume n’est-il pas resté plus de 18 mois sans aucun gouvernement ? »

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