Franck Sorbier, le petit prince de la couture

Franck Sorbier, printemps-été 2013

Franck Sorbier, printemps-été 2013

 

 

Dans la poésie arabe, le Sorbier est un arbuste qui incarne la grâce fragile de l’adolescence. Franck, avec sa fine silhouette, son petit bouc et ses lunettes rondes ressemblerait presque à un Harry Potter de l’aiguille et du fil. Car il y a de la magie dans ses créations. Gilets, robes, pantalons, jupes, manteaux, imperméables, toutes ces pièces retranscrivent un imaginaire foisonnant où tous les motifs –imprimés, brodés, patchworkés ou peints à la main- sont  à l’honneur. Poète, Sorbier n’habille pas une vamp, juste une femme, cherchant à mettre en valeur son corps ans bousculer les formes, avec douceur, sans agressivité. « La notion de rêve est très importante pour moi. Le moment le plus excitant dans une collection, c’est quand on l’imagine. J’ai des images, des sensations qui viennent tout de suite. Ensuite, il faut les matérialiser» explique le couturier. « Le rôle d’un créateur, c’est de donner un peu de légèreté, rendre la vie plus belle même si on est des éponges et qu’on ressent toute la dureté du monde. Mais je préfère la transformer en quelque chose de positif ».

 

 

 

 

 

 

 

 

franck-sorbier-couture-ss13L’histoire du couturier tient également du conte de fées. Sorbier est né à Fréjus mais a grandi à Bayonne. «Bien que mes grands parents maternels et paternels aient été dans la confection, je n’ai pas grandi dans une ambiance « chiffon » ; mon père était militaire de carrière » raconte-t-il. Le déclic, c’est en 1978 une photo de Serge Lutens, alors directeur artistique chez Dior, pour une ligne de maquillage. Sorbier découvre la beauté sophistiquée, la magie du sublime. « Ensuite, j’ai commencé a me confectionner mes vêtements car je voulais être différent des autres et je pensais pourvoir faire ce que je voulais. Ca partait d’un désir de liberté, de s’extraire de la réalité ». Cette envie passe par la montée à Paris. « Ce fut une révélation. Je m’y suis senti comme chez moi » sourit Sorbier. Sur les conseils d’une amie, il fait Esmod, la grande école de la mode et en sort couronné d’un Prix Spécial du Jury. Suivent des bureaux de style et des passages chez Chantal Thomass et Thierry Mugler. En 1987, il démarre sa propre collection avec l’espoir d’attirer des financiers. La presse et des bureaux d’achat américains s’emballent mais Sorbier ne peut pas vendre car il ne dispose pas d’une structure de fabrication. Finalement, pour l’été 91, il crée sa griffe avec juste un portefeuille de commandes. La presse le soutient toujours : 9 de ses vestes passent dans Madame Figaro et le Jardin des Mode lui consacre sa Une. « Voila, ça a démarré assez facilement pour moi » reconnaît Sorbier « en fait le plus dur c’est de tenir le coup une fois que vous n’êtes plus une « nouveauté » ». La suite fut en effet plus difficile. Bien que soutenu par Cartier et Samsung, la marque Franck Sorbier s’arrête à deux reprises dont une fois durant 3 ans. « Poursuivre le prêt-à-porter est trop lourd financièrement » se souvient le créateur « En revanche, je tenais absolument a poursuivre la haute-couture qui, paradoxalement, demande moins de moyens. Acheter 15m de tissus au lieu de 100 est plus abordable ! Et puis, la haute-couture c’est la liberté totale de création. ». Sorbier postule alors au label Haute-Couture avec une technique originale de compression du tissu. Il est devenu un « grand couturier », sa modestie dû-t-elle en souffrir. « Je suis discret de nature et la célébrité me met mal  a l’aise même si elle flatte mon ego. » avoue-t-il  « Et j’ai commis l’erreur de pensait qu’il n’était pas nécessaire de communiquer, que mon travail suffisait. Or l’image est devenue primordiale. Mais bon, l’essentiel est d’être en accord avec soi-même ! ».

COURANT-0

Poête mais bosseur, rêveur mais ambitieux, Franck Sorbier est aussi un hédoniste convaincu. « La notion de plaisir est importante chez moi » conclut-il.  « Pendant des années j’ai mal mangé, des MacDo, des trucs comme ca. J’avais grise mine et 15 kg de moins. Et bien, aujourd’hui, si je mange mal, je suis de mauvaise humeur ! Il faut se faire plaisir. Je trouve que les gens qui se privent de tout pour rester mince par exemple ont un courage insensé ! Moi je suis un boulimique des plaisirs de la vie ! ».

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(2007)

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