LVMH affecté par la crise

Les ventes du numéro un mondial du luxe, propriétaire du maroquinier Louis Vuitton, du champagne Moët & Chandon ou des parfums Christian Dior, ont totalisé 6,947 milliards d’euros sur la période janvier-mars, en hausse de 7% à taux de change constants, selon des chiffres publiés lundi, en ligne avec les prévisions des analystes.
Le groupe voit toutefois sa croissance organique reculer par rapport aux 9% de 2012 et aux 14% du seul premier trimestre de l’an dernier. « Les chiffres sont globalement assez résilients par rapport à une base de comparaison très élevée en 2012 », relève Marc Willaume, analyste chez Raymond James.

L'année commence très doucement pour Louis Vuitton...

L’année commence très doucement pour Louis Vuitton…

« Le trimestre est un peu plus faible que prévu en maroquinerie et meilleur que prévu en distribution sélective et dans les vins et spiritueux », ajoute-t-il. La division de distribution sélective, qui rassemble les réseaux de boutiques détaxées DFS, la chaîne de parfumeries Sephora et le grand magasin du Bon Marché, est la seule à dégager une croissance à deux chiffres (+17% à 2,12 milliards d’euros) sur les trois premiers mois de 2013. Le pôle, dont les ventes avaient déjà bondi de 18% au premier trimestre 2012, a profité de trois ouvertures de concessions de boutiques DFS à l’aéroport de Hong Kong. Particulièrement surveillées, les ventes de la division mode-maroquinerie, au sein desquelles Louis Vuitton pèse pour plus de 70%, décélèrent à +3% à taux de change constants – à 2,38 milliards d’euros – alors que les analystes anticipaient +5%. Au premier trimestre 2012, la croissance avait atteint 12%. Cette performance risque de décevoir le marché compte tenu des hausses de prix passées par Vuitton en début d’année, des revalorisations qui n’ont pas été rendues publiques par le groupe et devraient susciter les questions des analystes lors d’une conférence téléphonique mardi. Les hausses de prix atteindraient 10% dans la zone euro et dépasserait 10% au Royaume-Uni ainsi qu’aux Etats-Unis, sur les modèles les plus vendus en toile enduite, selon les analystes de HSBC. Le maroquinier, qui contribue à plus de la moitié des résultats opérationnels de LVMH, focalise toutes les attentions. Ses performances 2012, inférieures à celles de ses concurrents Gucci (groupe PPR) ou Hermès, dans lequel il a pris une participation de 22,6%, ont déçu. L’action LVMH a clôturé en hausse de 0,31% à 131,25 euros à la Bourse de Paris avant la publication de ces chiffres.
Le groupe n’a pas communiqué de prévisions pour 2013.

Dans un contexte devenu plus difficile pour le luxe du fait de la crise en Europe et d’un ralentissement de la croissance en Chine doublé de mesures « anti-luxe » prises par le nouveau gouvernement de Pékin, plusieurs analystes estiment que 2013 devrait voir la croissance du secteur poursuivre sa lente décélération, aux environs de +10%, après +11% en 2012 et +20% – performance record – en 2011.

(Reuters)

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