Anaïs Bouton : « Paris Première est une « love-marque » »

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C’est à un drôle de moment de l’histoire de Paris Première qu’Anaïs Bouton devient directrice des programmes de la chaîne. D’abord, à l’automne 2012, il y eut l’explosion en plein vol de l’état-major de cette filiale de M6. La présidente Karine Blouët cédait son fauteuil à Jérôme Bureau, le directeur de l’information de M6, tandis que le directeur des programmes depuis 11 ans, Jacques Expert, laissait le sien à Anaïs Bouton, sa directrice éditoriale. « J’avoue avoir été étonnée à l’époque que M6 m’offre le poste » reconnait la jeune femme.  « Je travaillais depuis très longtemps avec Jacques Expert et je ne pensais pas que je resterai sur la chaîne le jour où il la quitterait. De plus, étant à la fois une femme et une journaliste, j’étais vraiment persuadée que je n’aurai jamais le poste. Comme quoi, dans la vie… ». Effectivement, si les femmes directrice de programmes télé se comptent sur les doigts de la main, les journalistes sont encore plus rares à occuper une fonction désormais le plus souvent réservée à des hommes de marketing. Mais à M6, on ose ! « C’est un groupe qui fait confiance aux femmes. Bibiane Godfroid est bien directrice générale des programmes de M6″ sourit Anaïs Bouton.

Mais si l’époque est particulière pour Paris Première, c’est surtout que la chaîne est suspendue à une décision du Conseil d’Etat qui pourrait modifier profondément son avenir. Le groupe M6 a en effet déposé un recours devant l’autorité qui tranche les litiges administratifs après que le CSA lui ait refusé le droit de diffuser Paris Première sur la TNT gratuite. « Si Conseil d’Etat nous dit oui, cela change tout éditorialement » réfléchit à voix haute Anaïs Bouton.  » Nous deviendrions alors une chaîne gratuite nationale avec un bassin d’audience plus grand. Paris Première serait une véritable offre alternative, culturelle d’une façon abordable et populaire au meilleur sens du terme. Notre cinéma est très éditorialisé, et notre offre de magazines, notamment culturels, sans équivalent. A part l’information et le reportage, nous n’avons rien à envier aux « grandes » chaînes ». Tout en préparant sa prochaine grille dans ses habits de chaîne de la TNT payante et du câble-satellite, Paris Première se prépare donc au gratuit. Mais déjà, le paysage audiovisuel français est bouleversé par le tremblement de terre qu’a représenté l’arrivée, l’hiver dernier, de six nouvelles chaines de la TNT (HD1, L’Equipe 21, 6ter, Numéro 23, RMC Découverte et Chérie 25) et la reprise de Direct 8 par Canal +. « On est comme après un tsunami ; on attend de voir avant de repartir » explique la responsable, bien consciente des enjeux publicitaires en cours. « Nous sommes à l’aube d’une nouvelle ère et tout le monde se demande se demande quelle sera la nouvelle économie des chaines ».

Le téléspectateur, lui, est loin de ses batailles industrielles et savoure juste le plaisir de disposer de plus en plus de chaines. Paris Première, avec ses programmes paillettes, culture et art de vivre, serait à même de satisfaire un grand nombre de français. « Notre chance, c’est d’être une Love-Marque » se réjouit cette parisienne pétillante. « Les gens adorent Paris Première, ils connaissent bien la chaîne, en 26 ans ils ont grandi avec et ils se souviennent de nos émissions, celles de Thierry Ardisson par exemple. Et c’est rare une chaîne du câble-satellite dont le public connait les programmes ! C’est parce que nous avons toujours gardé la même ligne : être chic et apporter un peu de réflexion. Paris Première a une vraie identité et c’est pour cela que c’est la chaîne la plus regardée le soir sur le câble-sat ».

Alors Anaïs Bouton rencontre beaucoup d’artistes, de journalistes, de comédiens. Avec la complicité de Jacques Expert, elle peut revendiquer Ca balance a Paris, le Diner, Cactus, Zemmour & Naulleau ou encore le choix d’Alexandra Golovanoff pour présenter la mode après le départ de Marie-Christiane Marek. « Plein de choses que j’assume et dont je suis fier ! » sourit-elle. « J’aime ce poste de directrice des programmes car j’aime Paris Première. Les jeux de pouvoir je m’y fais mais ce n’est pas ce que je recherche. J’ai démarré ici en 1993, en stage, et je rêvais de faire des documentaires longs et sérieux. Etre journaliste était un rêve d’enfant et c’est à Paris Première que j’ai appris la télé. J’ai ensuite pas mal navigué sur France 2, M6, Arte, Canal + et finalement, il y a 11 ans, je suis revenu à Paris Première en tant que directrice éditoriale. Prendre la responsabilité des programmes était donc dans la continuité et cela ne change pas totalement ma vie ».

Quoi qu’il advienne de Paris Première, reste pour Anaïs Bouton, un défi, le plus difficile peut-être : faire revenir son mari, Xavier de Moulins, sur Paris Première où, avant de présenter le 19:45 de M6, il officia aux manettes des Paris Dernière. « J’essaie mais je n’y arrive pas ! » conclut-elle.

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