Ekaterina Sotnikova : l’art du Temps

Si vous êtes amateur de beaux garde-temps et que vous avez la chance de rencontrer Ekaterina Sotnikova, évitez de lui parler de ces grandes marques de luxe qui, à grand renfort de publicité et de marketing, écoulent leurs produits par millions d’exemplaires. Vous risqueriez d’énerver cette belle trentenaire russe qui ne jure que par les petits créateurs horlogers, peaufinant avec amour de véritables œuvres d’art produites à quelques exemplaires. « Le top du top ! » s’enthousiasme la jeune femme. Passionnée, Ekaterina Sotnikova n’aime que l’horlogerie exceptionnelle, grandiose et sublime, celle des Maîtres. Aussi, en 2011,fidèle à cette logique artistique, a-t-elle créée, comme en peinture, une  galerie d’art d’horloger, l‘EKSO Watches Gallery. Installée près des Champs-Elysées, elle est la première et l’unique en son genre.

Ekaterina Sotnikova - 7« J’ai toujours était passionnée par les montres que je voyais déjà, enfant, comme des bijoux » raconte la jeune femme. « Mais je crois que le « flash » je l’ai eu il y a 10 ans en m’extasiant littéralement devant une montre squelette. Je suis resté fascinée par la technique horlogère ! ». Née en Lettonie, Ekaterina Sotnikova a grandi à Saint-Petersbourg et démarré sa vie professionnelle sur les tapis de gymnase. Athlète de haut-niveau, elle voit sa carrière brutalement stoppée à 16 ans, sur blessure. Sans grand enthousiasme, la jeune fille se tourne alors vers l’économie jusqu’à devenir Docteur en la matière. « Ensuite je suis tombée amoureuse de Paris où je suis venue en touriste il y a 7 ans. Comme rien ne me retenait vraiment en Russie, je suis resté » raconte-t-elle. Durant 3 ans, elle s’occupera des relations de l’UMP avec les pays de l’Est, le temps de constater qu’elle ne raffole guère de la politique et de rencontrer son mari, un avocat d’affaires. « Il m’a dit de faire dans la vie ce qui me passionnait et j’ai suivi cette excellent conseil en me lançant dans l’horlogerie » poursuit celle qui part alors se former à la Fondation de la Haute Horlogerie de Genève. Ekaterina Sotnikova veut être crédible et le devient. Débute alors la quête de l’hyper luxe dans des petites  manufactures indépendantes. « Je cherche une histoire, une culture horlogère » explique-t-elle. Elle en ramènera une petite dizaine d’artisans indépendants, maîtres horlogers fabricant, à la main, des pièces uniques ou en série limitée et qui, justement, ne souhaitaient pas se mélanger, en boutique, avec les marques célèbres et « industrielles ». Le concept de galerie d’art horloger était né…

Sa passion et son enthousiasme lui vaut de se faire rapidement une place dans cet univers notoirement masculin. Les collectionneurs accourent dans sa galerie pour y trouver la perle rare de la Haute Horlogerie. Et se pâment devant le cadran nacré de l’Amadeo-Fleurier de Bovet, admirent la Vénus de Botticelli gravée sur la face arrière de la Renaissance de Speake-Marin, s’extasient devant les 3 cadrans révolutionnaires de l’Antiquade de Vianney Halter, s’étonnent de la virtuosité de l’Upside Down de Ludovic Ballouard, une montre qui affiche l’heure présente à l’endroit tandis que les onze autres restent figées à l’envers ! Sans oublier les créations extraordinaires de Voutilainen, De Bethune, Kudoke et Grönefeld, autres maîtres horlogers qu’Ekaterina Sotnikova, elle-même collectionneuse, est fière de mettre en lumière. Des montres très techniques que les hommes sont prêts à attendre longtemps. « Parfois de 2 à 6 ans ! » affirme la jeune femme qui scrute de très près le travail de ses 9 artisans suisses, anglais, hollandais, français, allemand, ou finlandais et suit celui d’une trentaine d’horlogers indépendants. « J’aime dénicher des talents et les faire connaitre. Je n’hésite pas à soutenir financièrement ceux en qui je crois et je paie comptant les pièces de mon stock, sans attendre de les avoir vendues » précise-t-elle. Les prix, comme ceux des œuvres d’art, atteignent des sommets (plusieurs centaines de milliers d’euros…)

La suite, logique, ne serait-elle pas dés lors de se lancer elle même dans la création de pièces horlogères ? « Oui effectivement. J’ai d’ailleurs déjà participé à la création de quelques pièces, en donnant ici ou là des idées de motifs » révèle Ekaterina Sotnikova. « Mais pour me lancer sous mon nom, il faut que je trouve un concept, une idée globale. Et je sais déjà avec qui je la ferai ! ».

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