Ida Tursic et Wilfried Mille : peinture jubilatoire

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Imaginez ces toiles sur les murs de votre salon ou de votre chambre : une jolie brune, la bouche ouverte, dégoulinante de sperme ou une blonde aux seins lourds, en train de prodiguer une fellation. Effet garanti : la peinture d’Ida Tursic et Wilfried Mille est sensuelle et provocante. Pornographique diront certains. « Non, c’est de la peinture ! C’est une vision du monde, une façon de représenter la société dans laquelle nous vivons et de montrer les rapports humains tels qu’ils sont aujourd’hui. Ce ne sont pas des images faites pour exciter » précisent Ida Tursic et Wilfried Mille, auteurs de ces œuvres, couple à la ville et déjà grands de la peinture. Les expositions se multiplient, les médias s’emballent, la Fiac les accueille et leur cote grimpe : 7 000€ pour une aquarelle sur papier petit format, de 26 000€ à plus de 50 000€ pour les toiles selon leur taille. Un Tursic et Mille est encore abordable mais plus pour longtemps…

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L’une de leurs particularités est d’être un couple de peintres, chose rare.  «Au départ chacun peignait de son côté. Mais rapidement nos visiteurs n’ont plus distingués nos tableaux ; ils se rapprochaient trop ! » expliquent  les dijonnais.  En 1993, Ida arrive de Belgrade (ex-Yougoslavie) à Dijon. Elle y rencontre Wilfried aux Beaux-Arts de la ville et s’installent. «Nous ne voulions pas monter à Paris comme nos amis qui ont fini par abandonner leur art pour survivre en prenant un job alimentaire » racontent les artistes «Ici tout est moins cher et nous avons pu vivre avec le RMI. On a loué un atelier vétuste mais au moins on peignait ». Si la vie d’artiste n’est pas qu’un cliché, la période vache maigre sera finalement assez courte. La galerie dijonnaise Pietro Sparta les représente des 2002. Le Consortium, important centre d’Art contemporain de Dijon, les aide à s’exposer au Grand Palais de Paris en 2006. Ils décrochent le prix Paul Ricard en 2009 et entrent dans les collections du Centre Pompidou. Depuis 2010, l’importante galerie Almine Rech s’occupe également d’eux.

Si la production du fantasme est l’un de leur sujet de prédilection, la reproduction du réel et la circulation de ses représentations (images vidéo, peinture etc) sont au centre de leur travail. Aussi ne faut-il pas s’arrêter qu’aux « filles » et découvrir les « paysages, les « maisons en feu » et autres « abstractions ». A 37 ans tous les deux, des grands, déjà…

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