A chacun sa chaîne de télé !

YouTube-lance-13-nouvelles-chaines-!_portrait_w532Qui n’a un jour rêvé de créer sa propre chaîne de télévision ? Grâce à Internet, et plus particulièrement à YouTube, diffuser des programmes que l’on a soi-même imaginés et tournés est désormais possible. « Tout le monde peut créer un compte sur YouTube et poster ses vidéos pour créer une chaîne délinéarisée » confirme Hélène Barrot, responsable de la communication de la filiale de Google. « Il suffit de respecter deux règles : avoir les droits d’auteurs audio et vidéo de ce que l’on diffuse et ne proposer ni contenus pornographiques ni violence ». Le plus beau, c’est que tout cela est totalement gratuit et peut même rapporter de l’argent ! « Vous devenez alors « partenaire » de YouTube » poursuit Hélène Barrot. « L’inscription est gratuite, s’effectue en ligne et à partir de ce moment YouTube devient votre régie publicitaire en mettant de la publicité autour de vos vidéos. Les revenus sont ensuite partagés, avec une proportion plus grande pour l’auteur des vidéos, en fonction bien sur de l’audience ». Exemple le plus célèbre, Norman, le YouTuber fou, dont chaque vidéo humoristique, tournée dans sa chambre, est à chaque fois vue par plusieurs millions d’internaute. A 25 ans, le jeune homme vit des recettes pub de sa chaîne et voit s’ouvrir les portes de la télévision et du cinéma. Pas sur que de filmer les acrobaties de son chat ou les facéties de son bébé provoquent le même résultat mais l’opportunité, techniquement très simple, existe. Et à partir d’1 million de clic, le créateur d’une télé YouTube peut en vivre

Pour les sociétés de production et les entreprises, le système est encore plus élaboré avec une avance sur recette afin de financer des programmes plus ambitieux. « Nous les aidons à produire des contenus plus professionnels (documentaire, fiction, magazine etc) en avançant une partie des recettes pub escomptées, puis nous les partageons à égalité » détaille Hélène Barrot. Si des grands de la télé (Endemol, Capa..) sont naturellement venus à YouTube, des marques dont la télévision n’est pas le métier se sont lancées.  » Gillette a créé par exemple une chaîne pour les fans de football avec des jeux et des contenus en provenance des clubs «  racontent Hélène Barrot. Studio Bagel a lui fédéré les 10 talents humoristiques les plus prometteurs du web autour de sa chaine (youtube.com/studiobagel). « Nous avons mis à leur disposition une structure professionnelle de production et nous avons déjà 200 000 abonnés et plus de 14 millions de vidéos vues depuis décembre » se réjouit Lorenzo Benedetti, créateur de la chaine. « L’avantage avec le web, par rapport à la télévision, c’est qu’on peut tester très rapidement des idées, des formats, et être en prise directe avec le public ».

En décembre dernier, une cinquantaine de chaînes a ainsi été lancée en Europe dont 17 en France parmi lesquelles Marmiton (cuisine), Doctissimo (médical), Au Féminin la Tribu (femme), Rendez vous à Paris (tourisme) etc. Le Japon est également entré dans la course avec une douzaine de chaînes ce qui, avec la centaine de chaînes déjà lancées aux Etats-Unis l’an dernier, porte le total à environ 160. Alors, qu’attendez-vous ?

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3 questions à…  Mathieu Colas, Associate Partner chez Oliver Wyman Group

 

La création de chaine sur YouTube et sur d’autres plate-formes demain est elle une menace pour les grandes chaines télé telle que nous les connaissons ?

Oui. Aux Etats Unis, le développement de Netflix a entraîné pour les chaines classiques une chute de 15% de l’audience chez les 15-49 ans, la cible préférée des publicitaires. Si Google passe les bons partenariats de contenus, la menace est réelle pour les chaînes traditionnelles, notamment les françaises dont les revenus publicitaires stagnent tandis que les coûts fixes augmentent fortement. YouTube, Daily Motion et les autres acteurs digitaux ont un gros avantage : ils connaissent très bien leurs clients et ont une forte relation avec eux.

Reste que ce qui attire le public, c’est le contenu, le programme ?

Exactement. Les contenus fidélisent et tout l’enjeu est là. En France, les TF1, M6, France 2 etc ne possèdent pas les droits des séries, documentaires etc qu’ils diffusent et qu’ils ont la plupart du temps cofinancés en partie. Ces droits demeurent la propriété des producteurs qui sont donc libres de revendre leurs programmes à des plate-formes internet. Faute de pouvoir rentabiliser dans le temps un programme, les chaines traditionnelles investissent faiblement dans des contenus innovants et fidélisant.

Est-il trop tard ? YouTube et les autres vont « manger » les chaines traditionnelles ?

Elles ont encore une chance de s’en sortir mais il ne faut pas attendre les évolutions réglementaires qui sont toujours très longues. Les chaînes doivent récupérer les droits des œuvres audiovisuelles et la chronologie de diffusion de celles-ci (télévision, Vod, dvd etc) doit être raccourcie afin de libérer l’investissement. Enfin, les chaînes, à l’instar de HBO aux Etats Unis, doivent développer massivement les dispositifs digitaux autour de leurs programmes.

 

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