David LaChapelle revisite Tod’s et… La Cène !

Tod’s poursuit son rajeunissement avec une campagne hiver 2013/2014 originale et décalée signée                                David LaChapelle.

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Bien peu de modèles de chaussures résistent à l’usure du temps et du macadam. A 45 ans, le mocassin à picots de Tod’s, inspiré à l’origine des driving-shoes américaines, fait partie de ce petit club des icônes masculine qui se transmettent à travers les générations. L’été dernier, le manufacturier italien proposait ainsi une nouvelle version de l’un de ses modèles fétiches, le Vadim. Particulièrement souple et flexible, ce mocassin ne se veut plus seulement une chaussure de loisirs mais aussi un soulier urbain pour hommes (sur) actifs. La palette de couleur se décline désormais des classiques chocolat ou noir aux couleurs les plus printanières telles le vert, la cerise, le caramel. Un an auparavant, c’était la Gommino qui, à la faveur d’un lifting, se proposait d’être porté été comme hiver, en tenue décontracté comme en costume business.

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Toujours au top du luxe, chaque mocassin est entièrement fabriqué à la main et nécessite une centaine de gestes. Jusqu’à 35 pièces des peaux les plus exclusives (crocodile, autruche, anaconda, python…) et entre 4 et 6 heures de travail sont nécessaires pour chaque pièce. Avant de passer au crible de quelques 350 contrôles qualité, chacun des 133 picots de caoutchouc qui composent la fameuse semelle Tod’s est implanté à la main ! Le prix du chic et du confort éternel…

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Par ailleurs  David LaChapelle s’expose jusqu’au 27 juillet à la galerie Daniel Templon (30 rue Beaubourg, 75003 Paris), présentant pour la première fois en France deux séries radicales, l’inédite Last Supper et Still Life. 

Mondialement connu pour ses photographies de mode hautes en couleur et mises en scène baroques peuplées de célébrités, David LaChapelle surprend avec une nouvelle orientation qui met en avant son double intérêt pour l’envers du rêve américain et l’histoire de l’art.

Informé d’actes de vandalisme perpétrés au musée de cire de Dublin, David LaChapelle, chasseur d’icônes obsédé par la question de la notoriété, s’est rendu sur place pour documenter ces sosies brisés, et a poursuivi son enquête dans d’autres musées aux Etats-Unis, en Californie et dans le Nevada.

Le point d’orgue de ces séries est une nouvelle fresque photographique réinterprétant la Cène de Leonard de Vinci. Mises en scènes dans des cartons, les têtes coupées, flottantes, de Jésus, Marie et des apôtres, accompagnées de mains sectionnées mais expressives, recomposent précisément le chef-d’œuvre dans sa version contemporaine. Les fragments de mannequins offrent une vision brute de la piété, en résonnance étrange avec l’iconographie chrétienne du martyre.

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Le thème est récurrent dans le parcours du créateur, qui intègre souvent aux thèmes apparemment les plus profanes des traces du sacré. Ce grand panoramique de près de quatre mètres tient autant de la tradition du polyptyque religieux que de celle du collage. Dix ans après l’iconique Homeboy Last Supper où il faisait se rencontrer culture de rue et religion, David LaChapelle ne cesse d’interroger les résurgences spirituelles de notre société de divertissement.

Les mannequins de cire bibliques ont été épargnés par le vandalisme, contrairement à ceux de la série Still Life (présentée à l’Impasse Beaubourg). Les photographies y donnent à voir des célébrités de cire déformées, de Leonardo di Caprio à John Kennedy en passant par Madonna ou Lady Diana. Le rendu hyperréaliste des images donne à ces artefacts endommagés, poupées oubliées, un aspect authentique d’autant plus dérangeant que David LaChapelle a le plus souvent déjà photographié les modèles vivants en magnifiant leur plastique conquérante.

Les Still Life basculent du côté obscur de la pop culture. Réflexion sur la fragilité de la célébrité et du pouvoir du système Hollywoodien, la série interroge notre attrait pour les répliques, les sosies. Ces ‘natures mortes’ humaines aux visages brisés, renvoient à notre fascination pour le spectacle  de la déchéance des héros autrefois adulés. Avec ces portraits effrayants, David LaChapelle revisite avec humanité la figure de nos archétypes.

Michael Jackson

Michael Jackson

JFK

JFK

Lady Di

Lady Di

Cameron Diaz

Cameron Diaz

Le Joker

Le Joker

 

 

 

 

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