Haider Ackermann, le nouveau romantique

faar_haiden_ackerman_hA l’automne 2010, dans  le magazine Numéro, Karl Lagerfeld annonçait qu’il aimerait voir le jeune créateur Haider Ackermann lui succéder à la tête de Chanel.  Puis il était pressenti pour succéder à John Galliano à la tête de Dior. Surnommé “le nouveau romantique”, il fait désormais partie de l’élite de la mode. Après la femme, il s’attaque à l’homme avec une seconde collection présentée ce mois ci. Portrait d’un déjà Grand de la mode…                    

Colombien d’origine, ce jeune homme de 41 ans fut adopté par une famille française à 9 mois. Avec une sœur vietnamienne et un frère coréen, il a vécu au Tchad, en Ethiopie, en Algérie et enfin en Hollande au grès des déplacements professionnels de son père, un photogramètre dans la cartographie. Faute de moyens, il ne finira pas la prestigieuse Académie d’Anvers de mode. Mais Raf Simons l’a repéré et ne cessera de l’encourager à se lancer. Haider travaillera dans des boîtes de nuit, économisant l’argent nécessaire à la création de sa première collection. Enfin, en 2002, il défile à Paris et rencontre le succès. Un conte de fées…

 A quand remonte votre histoire d’amour avec la mode ?

Aux voyages de mon enfance, à des souvenirs de femmes africaines. Quand tu es gamin, que tu es en Algérie et que tu voies ces femmes arabes qui s’habillent pour les mariages avec des mètres et des mètres de tissus colorées fantastiques, qui sont couvertes de bracelets en or de haut en bas, c’est très impressionnant. Moi, ça m’a fat rêver. En Ethiopie, les boubous de ces femmes longilignes m’ont également marqués. En Inde aussi, les vêtements des femmes qui flottent au vent, c’est magique. Quand je dessine, ces images ressortent. C’est comme un paysage brumeux derrière lequel on devine des choses. Mais je m’inspire aussi de l’histoire de la mode, d’un livre ou d’un film.

Vous avez été stagiaire chez John Galliano. Quel souvenir en gardez vous ?

C’est un homme qui te fait croire en tes rêves. Il arrive avec tous son univers et ses fantasmes, et il te raconte l’histoire tellement bien qu’à la fin tu y crois comme si c’était les tiens. Je trouve sublime cette capacité à convaincre. Quel charisme !

Et votre 1er défilé parisien au Petit Palais ?

Là, tu es tout seul et tu as peur ! Mais j’ai eu de la chance, ça s’est très bien passé. Les magasins ont acheté la collection et le maroquinier italien Ruffo  m’a recruté dans la foulée. Pour mon deuxième défilé, à Milan, il y avait un millier de personnes et toutes la presse internationale. J’ai fait une saison pour eux et ça m’a beaucoup appris. Ce qu’est le luxe, d’avoir une grosse entreprise derrière soi.

Collection automne/hiver 2013-2014

Collection automne/hiver 2013-2014

Depuis vous évoluez pour votre propre griffe. Comment définiriez vous votre travail ?

J’aime que mes vêtements soient discrets et intemporels, qu’on puisse toujours les porter dans dix ans. Je n’aime pas la femme-décoration ; la femme doit être mise en avant et le vêtement à son service, pour la sublimer. Le coté garçon manqué aussi, ça donne une attitude que j’apprécie, surtout en cette période de glamour sexy tape-à-l’œil, tout sein en avant ! L’élégance se perd, les gens vont à l’Opéra en jean, je trouve ça triste. J’ai la nostalgie de l’époque où l’on s’habillait pour sortir.

Justement, à quoi sert la mode pour vous ? 

A apporter un peu de beauté dans un monde dur et déprimant. Voir quelque chose de beau vous transporte. A ce titre la mode est quelque chose d’important.

Collection automne/hiver 2013-2014

Collection automne/hiver 2013-2014

Le meilleur souvenir de votre jeune carrière ?

Une rencontre : le parfumeur Serge Lutens à Marrakech. C’est un grand Monsieur qui vit dans un autre monde, un monde d’une beauté absolue avec un grand amour de la femme et de l’élégance.

Justement la marque qui symbolise l’élégance ?

Yves Saint Laurent.

Une faute de goût ?

Une fille qui met en avant son nombril et le reste ! Quand une personne se dévoile tout de suite, il n’y a plus rien à découvrir. Alors qu’une femme qui fume une cigarette dans un coin de bar, c’est mystérieux, attirant, sensuel.

La femme et l’homme les plus stylés ?

Charlotte Rampling et Marcello Mastroianni.

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Films cultes ?

« Portier de Nuit » et « La Pianiste ».

Disques cultes ?

Nick Cave, Iggy Pop, David Bowie, Bonnie Prince Billy, Gainsbourg et Françoise Hardy, une autre femme sublime.

Pour conclure, votre philosophie de la vie ?

Continuer à rêver !

(Mars  2006)

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