Sophia Aram : pourquoi tant de haine ?

Photo-Sophia-AramMais pourquoi donc Sophia Aram, star de la matinale de France Inter, a-t-elle choisi d’aller occuper la case sinistrée de 18h sur France 2, mission éminemment casse-gueule qui, de plus, risque de mettre à mal, service public oblige, sa liberté de ton ? « J’étais déjà sur le service public et j’avais une liberté totale ! » répond sereinement l’humoriste. « Si F2 a fait appel à moi c’est en connaissance de cause : la chaîne sait ce que je fais et ne veut pas quelque chose de tiède. Quand à moi, après 3 ans sur France Inter, j’ai plus envie de légèreté que billet humoristique tournant à l’édito politique. Là, je ne suis plus dans une tranche d’infos pure et dure et les sujets seront plus variés. Mais je vous rassure, je ne vais pas changer du tout au tout ! ». Ses débuts étant (très) difficiles, la jeune femme est en proie à un lynchage médiatique en règle. Combien de temps tiendra-t-elle ? Combien de temps France 2 lui laissera-t-il ?

Le grand public, s’il était au rendez vous de 18h précisément, découvrait depuis la mi-septembre une jeune femme déjà célèbre pour ses shows corrosifs (Du plomb dans la tête, Crise de foi). Comme Jamel Debbouze, Omar Sy ou Arnaud Tsamère, Sophia Aram arrive de Trappes mais n’appartient pas pour autant à une bande d’humoristes qui viendrait de cette banlieue chaude des Yvelines. « C’est juste la ville qui a permis l’éclosion de talents en mettant en place partout des ateliers d’improvisation théâtrale » raconte celle qui rêvait de devenir journaliste. « On nous a donné des outils pour nous exprimer et le théâtre a été une véritable découverte pour moi mais je n’envisageait pas d’en faire mon métier ». Pourtant, après ses études aux Langues O’, Sophia Aram se lance. « Je ne voulais pas avoir de regrets » explique celle qui admire particulièrement Valérie Lemercier pour sa folie douce et Julie Ferrier pour sa liberté totale. Elle passe par Les Enfants de la télé, écrit pour Endemol, intervient sur NRJ puis Europe 2 mais c’est son premier spectacle, Du plomb dans la tête, consacré à l’école et aux ambitions délirantes des parents pour leur progéniture, qui la révèle. Et dans une scène féminine riche mais où l’on parle plus volontiers des relations hommes-femmes ou de la maternité, elle se distingue en occupant, seule, la place de l’humoriste engagée.  » J’ai toujours été comme ca, c’est ce qui me correspond » se souvient Sophia Aram. « Petite, on me surnommait Soeur Théresa car l’injustice m’a toujours insupportée. En fait, j’ai arrêté de croire en Dieu en même temps qu’au Père Noel et à la petite souris ! J’ai fait un package ! ». Athée –« si Dieu existe, j’espère qu’il a une bonne excuse comme disait Woody Allen ! »-, elle allume toutes les religions dans un second show gonflé où, par exemple, elle chante « i am a muslin bitch » en burqa ! Il y a deux ans, Charlie Hebdo flambait pour (presque) moins que ça… « Je n’ai pas l’impression d’aller si loin que ca, surtout dans un pays comme la France » répond, étonnée, la jeune femme qui a pourtant été plusieurs fois menacée. « Ce n’est pas parce qu’il y a 3 extrémistes qui s’en prennent à vous que vous allez vous arrêter. Il faut continuer à se battre, ne rien s’interdire. D’ailleurs les salles sont pleines partout où je passe ».

Politiquement, Sophia Aram s’engage aussi et ne croit guère en la neutralité des comiques comme des journalistes. « Je ne suis encartée nulle part, je suis libre, mais je me situe évidemment à gauche, je ne m’en cache pas. Mais je n’épargne pas la Gauche  non plus dans mes chroniques ». De ses clashs avec quelques politiques, elle n’a aucun regrets et ne retire aucun de ses propos.  « Nous sommes des bouffons, nous sommes là pour nous moquer d’eux. L’immense majorité des politiques a assez de recul pour bien prendre mes billets humoristiques. Après il est sûr que je ne partirais pas en vacances avec Nadine Morano et Marine Le Pen ».

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Le féminisme, enfin, est un autre cheval de bataille. Celui des Femen qui monopolise l’attention publique? « Non, les Femen sont une forme de féminisme qui vient d’Ukraine et il faut comprendre d’ou elles viennent et comment elles lutent contre un patriarcat redoutable qui n’a rien à voir avec ce qu’on connait ici » analyse-t-elle. « Mais le féminisme est toujours nécessaire en France. Notre génération n’a pas eu à lutter pour la pilule ou l’IVG et se repose sur les acquis. Or il reste beaucoup de choses à défendre ou à obtenir comme par exemple la parité salariale qui n’existe pas en France ».

 

Pour l’heure, Sophia Aram se prépare à reprendre en janvier son spectacle un peu partout en France. Quand elle en a le temps, elle travaille à l’écriture d’un premier film de cinéma. Ou se gave de série télé, son pêché mignon. La dernière pour laquelle elle a craqué ? « Boss« , série américaine sur la violence politique. On ne se refait pas…

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