Jeremy Ferrari : noir c’est noir !

Ferrari

Oreilles sensibles s’abstenir ! Jeremy Ferrari et son show Allelujah Bordel, avec ses vannes décapantes sur les religions chrétiennes, musulmanes et juives, ravissent les uns et brûlent les tympans des autres. Provocateur, cynique et politiquement incorrect, l’humoriste a déjà passé à la moulinette de son humour noir le handicap, l’obésité, le suicide, l’homosexualité ou la misère sociale, particulièrement dans le On n’demande qu’à en rire (France 2) de Laurent Ruquier. On le retrouve d’ailleurs dans la nouvelle émission de Ruquier sur France 2, chaque jour à 18h.

Exemple : une obèse est privée de crémation, faute de place. L’employé des pompes funèbres propose à la famille une crémation en plusieurs morceaux… « Chez France Telecom, on sait qu’il ne faut pas se garer sous les fenêtres, on risque de retrouver sa voiture abimée par un suicidé »… « Mohamed, on a rien contre les prénoms « libaniens » mais ça râpe un peu en bouche, ca va pas avec le reste des phrases, vous avez peut être un deuxième prénom ? Oussama ? C’est pas très vendeur. Je pensais à Alexandre… » etc

« Je me fais régulièrement insulté et menacé mais l’inverse serait inquiétant : je suis un provocateur, c’est logique, sinon tout irait bien dans le meilleur des mondes. Et quelqu’un qui n’a rien compris à mon spectacle et me prend pour un raciste me fait autant rire qu’un fan qui adore ce que je fais ! » avoue avec gourmandise le jeune homme. Dans sa grande majorité, le public en redemandant, Ferrari accélère à la rentrée dernière  : il est sur Direct 8 dans Touche pas à mon poste et sur Europe 1 toujours avec Cyril Hanouna, en librairie avec Allelujah Bordel-le livre et à la Fnac avec le DVD de son spectacle (que l’on retrouvera sur scène une dernière fois au Palais des sport le 27 avril prochain). Puis, il y aura un nouveau one-man-show  –Deux pièces à louer à Beyrouth- et le tournage d’un film, consacré… au chômage !

         Peut-être parce que Jeremy Ferrari est né à Charleville-Mézieres, riante cité des Ardennes, ravagée, justement, par le chômage. « Mes parents tenaient un commerce alimentaire et nous étions souvent confrontés à des situations sociales très difficiles » raconte le jeune homme.  » Moi, j’adorais Desproges et Coluche mais l’influence de ma mère est certaine. Elle prenait tous les drames de la vie qu’elle voyait avec beaucoup de recul. Elle est très cynique et son humour très noir. Elle a de vrais traits d’esprit et j’ai déjà placé certaines de ses vannes dans mes sketches. Mais bon, c’est une maman italienne et je suis son fils unique. J’ai donc fuir à plusieurs milliers de kilomètres pour enfin avoir une vie et faire ce métier dont je rêvais enfant ». Ferrari arrête l’école à 16 ans, monte à Paris, enchaîne les petits boulots et grimpe rapidement sur scène. Le jour où l’assistante de Laurent Ruquier l’appelle pour On n’demande qu’à en rire, il réunissait le soir même, dans un bar, ses 3 meilleurs amis pour leur annoncer… qu’il arrête ! « Après dix ans de galère, je n’en pouvais plus de ne pas avoir de propositions. Alors, j’ai refusé celle de Ruquier en lui disant que j’avais décidé d’arrêter ! Je ne vous dis pas comment mes potes m’ont engueulé ! Evidemment j’ai rappelé le lendemain pour accepter. J’avais peur que Ruquier me censure mais il m’a laissé une liberté totale ».

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         Après avoir réglé leurs comptes à toutes les religions dans son show, Jeremy Ferrari s’inquiète de la montée du Front National.  « Je suis totalement apolitique mais complètement contre les extrêmes, de droite comme de gauche » explique l’humoriste. « C’est la bêtise, le désarroi, la déception a l’égard des grands partis qui poussent les gens vers le Front National. Marine Le Pen est très intelligente d’avoir réussi à faire croire qu’elle n’était pas la fille de son père. Mais bien sur qu’elle est comme lui ! Elle a juste lissé l’image du FN ». Si l’humoriste met la poussée extrémiste actuelle sur le compte de la colère des Français, il pense aussi que ces derniers attendent trop des hommes politiques. « Il faut arrêter de croire que les politiciens vont changer les choses » prévient-il « C’est aux gens de changer leur mentalité et leur vision des problèmes en acceptant d’en parler sur la place publique sans taxer ceux qui le font de démago ou de racistes. Oui, il y a plein de problèmes en France mais on ne résout pas le racisme par le racisme, la violence par la violence, la haine par la haine. C’est aussi le rôle des artistes de faire passer ce message. Sinon, en 2017, je partirai pour la Belgique ou la Suisse. Pas pour raison fiscale mais parce que j’aurai honte de vivre dans un pays dirigé par l’extrême-droite ! ».

 

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