Deep Web, le côté obscur du Net

deep-web_247933Le mercredi 2 octobre dernier, le public découvrait, à la faveur de la fermeture du site Silk Road par le FBI américain, l’existence du Deep Web, face cachée et noire de l’internet. Créé par Ross William Ubricht, 29ans, ce site permettait d’acheter anonymement héroïne, cocaïne, LSD, métamphétamines, mais aussi des logiciels destinés à cracker les ordinateurs personnels et à voler les mots de passe. Tandis que la justice US saisissait 3.6 millions de dollars dans son appartement de San Francisco, Ross William Ubricht devenait le symbole d’un internet clandestin où, quasiment sans risque d’être identifié, n’importe qui peut s’offrir drogues, armes, tueurs à gages, prostitués ou encore vidéos pédopornographique ou zoophiles. Bienvenue dans le côté obscur du Net !

 « Le Deep Web est la partie du net accessible en ligne, mais non indexée par les moteurs de recherche classiques tels Google, Yahoo ou Bing » explique Sylvain Abel, consultant en communication pour Spintank, agence de conseil en communication corporate et publique sur le web, et explorateur du « Deep Web » depuis 4 ans.« Selon certaines sources, ces sites invisibles représenteraient 90% de l’internet ! Une partie est composée de sites et de blogs privés (des bases de données de la Nasa par exemple), d’intranet d’entreprises ou d’écoles et n’a donc rien d’illicite. Mais une autre partie, grâce à l’anonymat fourni, permet l’existence de tout un tas d’activités parfaitement illégales ». Surfer sur le Deep Web ne nécessite pas d’être un informaticien chevronné. Il suffit d’installer sur son PC « Tor », un logiciel d’anonymisation conçu au départ pour sécuriser les communications de… l’US Navy ! Dés lors, l’adresse IP de votre ordinateur, sa « signature », se met à changer en permanence et les informations recherchées sont éparpillées en centaines de morceaux à travers la planète, rendant ainsi l’internaute intraçable. Une aubaine pour les criminels et les mafias…

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Dans ce Far-West digital, les sites se présentent sous la forme de suite de chiffre et se termine en « .onion ». Pour les néophytes, Hidden Wiki, comme une page wipikédia, classe les sites cachés par « spécialités » (notamment Drugs et Erotica). Tout s’achète, tout se vend et tout se paie en Bitcoin. « C’est une monnaie virtuelle, cryptée et anonyme créée en 2009 pour les règlements d’achats sur internet » détaille Sylvain Abel. « On peut ensuite les changer en euros ou dollars sonnants et trébuchants sur des sites spécialisés. Il y a 4 ans, 1 Bitcoin valait 4€, aujourd’hui il en  vaut 200$. Certains ont fait fortune ainsi ! ». Enfin la livraison, selon le volume (du sachet à la caisse) et le degré d’illégalité du produit (du flacon pour l’euthanasie à la Kalachnikov), se fait par courrier, en poste restante ou par remise en main propre.

La fermeture de Silk Road prouve que la police peut se frayer un chemin dans le Deep Web. L’anonymat, avec l’évolution des technologies, n’est donc jamais garanti à 100%. Faux et escrocs pullulent. Pourtant, l’avenir du Deep Web semble assuré. « Il est de plus en plus grand public, il offre un espace de stockage gratuit et un mail inviolable, TorMail » conclut Sylvain Abel. « Avec le besoin grandissant de protéger sa vie privée et la révélation des écoutes généralisée des populations par la NSA américaine, le public trouve dans le Deep Web une solution d’anonymat. La dernière semaine d’aout dernier,  au lendemain des révélations d’Edward Snowden, le nombre d’utilisateurs de Tor est d’ailleurs passé de 600 000 personnes à 1.2 million ».

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