Kee-Yoon : Rire Jaune

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Existe-t-il un humour sud-coréen ? Telle est l’inévitable interrogation que suscite Kee-Yoon, humoriste française au ravissant minois d’origine asiatique, en rentrant sur la scène du Théâtre du Gymnase pour jouer son one-man show, Jaune Bonbon. « Je ne sais pas si je suis représentative mais ce qui est certain c’est que les sud-coréen aiment beaucoup rigoler et sont très chaleureux. Ce sont les italiens de l’Asie ! » sourit la jeune femme de 32 ans. « L’autre jour, un chauffeur de taxi m’a demandé si j’arrivais à voir normalement. J’ai répondu que non, moi je vois tout en 16/9e » raconte-t-elle sur scène. A l’autodérision, Kee-Yoon ajoute un humour acide à l’image de cette réflexion, pétrie de bon sens et d’actualités, sur le deuil : « On a tendance à l’oublier, mais on va tous mourir. Même ceux qui ne voyagent jamais sur la Malaysian Airlines ».
Kee-Yoon est donc plus drôle que Fleur Pellerin, l’autre originaire de la Corée du Sud à faire parler d’elle dans les gazettes françaises. Et plus culottée. Diplômée de la faculté de droit d’Assas, de Science Po et de l’Essec, la demoiselle était jusqu’en 2013 une brillante avocate pénaliste du cabinet Bredin Prat, rien de moins que l’un des plus importants offices de l’hexagone créé par Robert Badinter. Avant de plaquer les prétoires pour les planches ! « Au départ, j’ai été influencé par un oncle que j’adorais qui était avocat et fondateur de l’université de droit de Séoul » raconte-t-elle. « Mais en même temps, j’ai grandi dans un univers artistique puisque ma mère est chanteuse lyrique ». Le déclic se produit en 2010 quand elle remporte le concours d’éloquence du Barreau de Paris en prononçant un discours certes très sérieux sur le fond mais égayé de nombreuses blagues qui plient de rire le jury, au plus grand bonheur de la jeune avocate. « J’ai alors découvert avec merveille le plaisir que procurait le fait de faire rire les gens. Rire, c’est la grande passion de ma vie. Une façon de vivre, le plaisir de préparer un effet comique, un moment de gagné sur la vie ». L’art plutôt que l’argent….
Aussi, avec un brin d’inconscience et quelques économies, Kee-Yoon se lance, redoutant de regretter dans quelques années de ne pas avoir tenté sa chance. Elle commence par gagner le Montreux Comedy Casting 2012, teste ses premiers sketchs sur des scènes ouvertes et finit par s’installer au Théâtre du Gymnase en octobre 2013 avec son premier show, Jaune Bonbon, qu’elle joue toujours cet automne. Elle y parle de la mort, des chinois, de la Corée du Sud, des coulisses du métier d’avocats, de son enfance et de sa mère, « une femme exceptionnelle ». Exemples : « ma mère est coréenne. Coréenne signifiant le laxisme de Vladimir Poutine et la tolérance de Kim Jong Il » ou encore « depuis ma naissance, ma mère a décidé de me suivre partout. C’est vrai que jusqu’à mes 14 ans, elle était obligée puisqu’elle m’allaitait. »

A la fin du spectacle, Kee-Yoon chante une chanson d’amour. Le public la lui renvoie bien…

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