Dean de la Richardière : le retour du Funky

bigL’écoute de Tecknofobia, One Upon a Time, Afghakistan et Pump up the rythm, les quatre titres de Pleasure Island, le 1er EP de Dean de la Richardière, est profondément jouissif. Les ex-ados des années 80 y retrouveront la gaité d’une musique funky et sensuelle évoquant irrésistiblement Grace Jones, Chic, Tom Tom Club, Talking Heads, B’52s ou Lizzy Mercier Descloux. Les plus jeunes, absents de cette parenthèse musicalement enchantée qui s’ouvrit de 1978 à 1985, y découvriront un mariage réussi entre groove et electro, percussions africaines en guise de témoins en sus. Un son vraiment original (pour une fois !) qui met la banane et agite les fourmis dans les jambes !

Dean de la Richardière -Amandine pour les intimes- n’aura donc pas échappé à son destin. La jeune femme est née à Paris le 11 mai 1981 jour bénie de la sortie du mythique Nightclubbing de Grace Jones et jour funeste de la mort de Bob Marley. Elle grandit dans le 16ème arrondissement parisien entre une mère authentique aristocrate et un père issu de la bourgeoisie militaire qui n’écoute que les Rolling Stones et lui ramène, à chacun de ses voyages d’affaires en Afrique, un disque de musique locale. Les rythmes de Drums of Passions de Babatunde Olatunji ne la quitteront ainsi jamais. « J’ai ensuite découvert tous les artistes du label culte, Ze Records, et j’ai ressenti une véritable filiation » raconte la jeune femme également fan ultime des productions du Compass Point, le célèbre studio des Bahamas crée par Chris Blackwell.

Après un BTS de communication, l’accueil des artistes au Man Ray, haut lieu des années 90 à Paris, et quelques années à se chercher (journaliste ? photographe ? actrice ? Fleuriste ?), Dean prend la vague des DJettes en intégrant l’agence de Dj’s Tête d’Affiche. La voici bientôt DJ résidente du Baron, repère de la hype parisienne dans les années 2000. Elle mixe au festival de Cannes, Dubaï, Londres ou Tokyo. La Richardière s’épanouit enfin et rencontre Sébastien Tellier, extravagante figure de l’électro-pop hexagonale. Compagne puis épouse du « Pépito bleu », Dean finit tout naturellement par vouloir composer sa propre musique. « A force de passer la musique des autres, tout DJ a le fantasme de créer le morceau ultime, idéal » explique-elle. « Mais si beaucoup arrive à la composition par le sampling, moi je ne pars jamais d’un sample mais d’une mélodie que je crée. J’ai commencé à composer sur ordinateur, en autodidacte, et petit à petit, je me suis mis à la composition au piano ». Début 2014, elle propose sa musique à Michel Esteban, boss en vacances longue durée du fameux label Ze Records qui, séduit par la fraîcheur des compositions de la jeune femme, ressuscite Ze Records et l’envoie à Kingston, Jamaïque, au studio Tuff Gong de feu Bob Marley. Pour l’épauler, une véritable dream team : le producteur Steven Stanley (Grace Jones, Talking Heads, B 52’s), Sly Dunbar (Sly and Robbie, légendaire batteur du grattin musical mondial (Prince, les Rolling Stones, Bob Dylan etc) et Glen Blown, grand bassiste jamaïcain.  « J’ai eu beaucoup de chance, ce fut l’une des plus belles expériences de ma vie. Magique ! » sourit Dean. Un mois et 15 titres plus tard, l’album le plus chic et classe de 2016 était en boite ! Pleasure Island ne sonne pas comme un hommage vintage à une musique évanouie. Et Tecknofobia, mix de dancehall, r’n’b et electro-pop, joyeux et luxuriant, a tout pour être le tube de l’été 2016 !

 

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