Karoline Rose : Chanteuse kaléidoscope

Portrait de Karoline Rose, chanteuse et musicienne, posant pour Le Figaro, à Paris.

Portrait de Karoline Rose, chanteuse et musicienne, posant pour Le Figaro, à Paris.

Suivre Karoline Rose est un jeu de pistes. Il y a d’abord cette voix, puissante, souvent énervée et pourtant toujours mélodieuse. Il y aussi des bribes de vidéos, des photos de The Voice, des teasers mystérieux sur le web. On découvre une Caroline Rose avec un « C ». Ou plutôt deux : l’une aux États-Unis, l’autre en France. Et puis, enfin, Karoline Rose avec un « K », récente première partie de Nina Hagen au Bus Palladium, protégée de Babx avec qui elle finalise un EP pour septembre et un premier album en janvier 2017. Aussi, quand on rencontre dans un café de République, la mystérieuse chanteuse, la première question qui brule les lèvres est : « qui es tu Karoline Rose ? ».

« J’ai tellement multiplié les expériences musicales qu’un nettoyage sur internet s’imposait » explique la jeune femme de 29 ans. « J’assume tout ce que j’ai fait, mais internet est la carte de visite d’un artiste. Je devais repartir sur quelque chose de neuf d’où ce changement d’initiale de mon prénom ! ». On déroule alors le fil. (C)Karoline Rose est née à Karlsruhe, dans la forêt noire, d’une mère allemande et d’un père français. Caroline Rose existe bien aux Etats Unis mais elle n’est qu’une homonyme. Karoline a baigné dés sa naissance dans un univers musical puisque sa mère, Caroline Colson, est, dans les années 80, une vedette de la variété allemande. L’enseignement artistique étant bien plus développé outre-Rhin que par chez nous, elle reprend dès ses 7 ans les standards pop de l’époque et à 13 ans, elle joue dans des groupes de rock locaux. « Je gueulais déjà comme un mec de 30 ans » rigole Karoline Rose « j’avais déjà cette voix, mais avec un physique de bébé. Ma mère m’accompagnait partout pour me protéger ! ». La chanteuse en herbe pousse assez loin l’expérience avec l’enregistrement de démos en studios. Des groupes de fans se constituent.

Mais à 15 ans, c’est la cassure avec un retour en France. « Je me suis précipitée à la MJC locale et j’ai monté un groupe de Death Metal car j’étais très en colère de me retrouver en France » raconte-t-elle. « Ici, la vie est plus difficile ici pour les ados et l’artistique est moins développé ». Mais la jeune fille est tenace : école de musique à Paris, finale du concours Paris Jeune Talents, petite tournée outre-Atlantique à Nashville et New York) où elle teste ses propres chansons, retour à Paris où la production de The Voice insiste pour qu’elle rejoigne le télé-crochet, apparition dans 1789 la comédie musicale de Dove Attia, retour en Allemagne pour les sélections du Concours Eurovision, spectacle de reprise des chansons de Piaf et enfin une Bohème de Puccini, pop-lyrique, aux Bouffes du Nord avec Camelia Jordana ! « J’ai déjà eu plusieurs vies » sourit Karoline Rose « J’ai multiplié les expériences, sans avoir à chaque fois l’intention de m’éterniser, juste pour me faire remarquer. J’ai aussi expérimenté beaucoup de styles musicaux pour affiner mes envies. Mes gouts sont très éclectiques : je viens du métal et du punk-rock, j’adore Nica Hagen, Courtney Love et MIA et j’aime le jazz et la pop. Bref, je savais que ce que je ferai un jour serait assez spécial ! ».

Puis l’heure est venue de ramasser toutes ces expérimentations et d’en faire émerger une chanteuse toute neuve, Karoline Rose. « La rencontre de ma vie, c’est Babx, auteur, compositeur et patron du label BisonBison » raconte la chanteuse. « Il travaillait avec Camelia Jordana -une fille top !- et il est venu la voir un soir lors de la Bohème. Il a aimé ce que je faisais et rapidement on a décidé de travailler ensemble sur mon premier album ». Nouvelle direction artistique, nouvelle image, la fusée Karoline Rose est enfin sur la rampe de lancement. En cohérence avec son projet, elle enchaine les premières parties rock : Nina Hagen, Jeanne Added, Christophe Olivier… Le public découvre sa belle voix, son énergie et ses compositions rock et punchy où français et allemand se mélangent harmonieusement (si,si, c’est possible !). Le Girl Power est au centre de ses textes, souvent provocateur dans la forme, mais finalement très peace and love sur le fond. Et parce que Karoline Rose est décidément jamais là où on l’attend, elle sera en juillet au festival d’Avignon pour une pièce où elle incarnera Nina Hagen confrontée à un faux Michel Houellebecq ! Décidément, Rose is the new schwarz !

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s